L’Europe ne comprend que le langage de la «force», affirme Medvedev
L'Europe ne comprend que le langage de la "force", a affirmé samedi Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe. Le Vieux Continent s'inquiète du sort des actifs de leurs entreprises encore implantées en Russie.
(Keystone-ATS) La France a appelé vendredi Moscou «à revenir» sur sa décision de prendre le contrôle des actifs appartenant à Auchan, Nestlé, et à Lemana Pro, l’ancienne enseigne Leroy Merlin en Russie, une décision justifiée par le Kremlin par leur appartenance à des pays «inamicaux». Selon un décret du président Vladimir Poutine publié jeudi, ces actifs ont été transférés sous «administration temporaire» d’une même société.
Aujourd’hui, «comme il y a cent ans, les bâtards européens ne comprennent que la force brutale», a assuré sur Telegram M. Medvedev, ancien président et ex-Premier ministre russe, qui dirige le parti au pouvoir Russie unie.
«Ils mènent une guerre directe contre la Russie en fournissant à notre ennemi tout ce qu’ils peuvent», y compris des missiles, mais disent «de ne pas toucher Nestlé, Auchan etc., ce qui leur apportait d’importants revenus», a-t-il dénoncé.
Depuis le début de l’offensive russe à grande échelle en Ukraine en 2022 et les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux, de nombreuses multinationales ont quitté la Russie, d’autres y ont suspendu leurs activités. Certaines ont vu leurs actifs saisis puis transférés à des sociétés russes.
Mais certaines marques sont restées implantées, ce qui leur a valu parfois de vives critiques de l’Ukraine – et au-delà – au motif qu’elles participeraient ainsi au financement de l’Etat russe et donc de l’effort de guerre.
Même traitement pour Washington
Selon M. Medvedev, les Etats-Unis où le président Donald Trump a promulgué vendredi une loi imposant de nouvelles sanctions à la Russie à cause de la guerre en Ukraine, doivent être traitées de la même manière que les pays européens.
«Ceux qui sont de l’autre côté de l’océan ne comprennent, eux aussi, que le language de la dissuasion militaire directe», a estimé Dmitri Medvedev. C’est dans cette langue «qu’il faut répondre aux vilenies russophobes du genre de la loi du terroriste décédé Graham», a-t-il affirmé.
Cette loi, première initiative majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, vise notamment le secteur énergétique russe. Elle porte le nom de son principal promoteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, qui était l’un des plus fervents soutiens de l’Ukraine et pourfendeurs de la Russie.