L'agriculture intensive menace le tarier des prés en Suisse

Les nichées des tariers des prés sont souvent fauchées en raison de la pousse de plus en plus rapide de l'herbe. De plus, les insectes - la nourriture première de ces oiseaux - ont disparu des prés, notamment en raison de l'utilisation de pesticides. Ralph Martin/Station ornithologique suisse sda-ats
Ce contenu a été publié le 14 juillet 2020 - 12:25
(Keystone-ATS)

Le tarier des prés a presque déserté le Plateau et le Jura ces 20 dernières années. La faute à l'utilisation d'engrais et de pesticides dans l'agriculture, déplore la Station ornithologique suisse. Elle rend la fauche de plus en plus fréquente et fatale aux nichées.

Le fait que le tarier des prés dispose, par nature, d'un taux de survie élevé ne le protège pas contre le déclin de sa population. L'agriculture de plus en plus intensive dans les zones de nichées fait même de lui une espèce d'oiseaux menacée en Suisse, indique mardi la Station ornithologique suisse, sur la base d'une étude menée dans six pays européens.

Cette étude, à laquelle l'institution basée à Sempach (LU) a participé, a révélé un enseignement surprenant: ce sont les populations avec les plus hauts taux de survie qui ont connu les plus forts reculs de leur population. Aucune émigration dans d'autres régions n'a, en revanche, été constatée.

Prairies sans fleurs, sans insectes

Seule subsiste l'explication liée à l'agriculture intensive. Les prairies autrefois proches de l’état naturel sont de plus en plus fertilisées et irriguées. L’herbe pousse plus vite, ce qui entraîne des coupes plus précoces et plus fréquentes. Pour les oiseaux qui nichent au sol, dont le tarier des prés, cette évolution est fatale car leurs nichées sont fauchées.

De plus, le tarier des prés - un insectivore strict - manque de nourriture car les prairies fleuries et riches en insectes d’autrefois sont devenues des surfaces herbagères stériles. Ses effectifs ont donc diminué de moitié ces 20 dernières années en Suisse. Même en montagne, son évolution devient préoccupante.

"Il faut agir maintenant"

La Station ornithologique lance un cri d'alarme: "Il faut agir maintenant, pour que le tarier des prés ait un avenir en Suisse. Car la responsabilité nous en incombe."

Afin d’aider le tarier des prés, il faut donc réduire l’utilisation d’engrais et de pesticides. En outre, une fauche tardive est nécessaire dans les prairies où il niche, entre début et fin juillet selon l’altitude, écrit l'institution.

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