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L'Office fédéral allemand de la police criminelle (BKA) utilise une méthode suisse pour mieux détecter les terroristes potentiels (archives).

KEYSTONE/EPA/FREDRIK VON ERICHSEN

(sda-ats)

Depuis quelques semaines, la police criminelle allemande utilise une méthode mise au point en Suisse pour mieux détecter les terroristes potentiels, notamment les djihadistes. Il s'agit d'une grille d'analyse qui permet d'identifier les personnes dangereuses.

Sur la base d'une série de questions, auxquelles la police peut répondre avec les informations dont elle dispose, le système nommé "RADAR-iTE" évalue le risque qu'un suspect commette un attentat, a indiqué dimanche l'Office fédéral allemand de police criminelle (BKA), confirmant une information de plusieurs journaux. Ce risque peut être "modéré", "supérieur à la moyenne" ou "élevé".

Cette méthode d'analyse a été développée par Jérôme Endrass, qui est responsable suppléant du service psychiatrique et psychologique à l'Office d'exécution des peines du canton de Zurich et professeur à l'Université de Constance (D). Ce scientifique, qui s'attelle depuis des années à identifier les djihadistes dangereux, a collaboré avec le BKA.

Le système de filtrage est élaboré de telle sorte que les deux dernières catégories - risque "supérieur à la moyenne" et "élevé" - représentent un nombre de personnes suffisamment restreint pour que des investigations plus poussées puissent être menées sur chacune d'entre elles. Ce filtrage permet à la police, qui croule sous la masse d'informations, de travailler de manière plus ciblée.

Profil des personnes dangereuses

S'agissant du profil des personnes dangereuses, Jérôme Endrass et ses collègues sont arrivés à un constat surprenant: le facteur déterminant n'est pas le lien avec l'extrémisme ou la religion, mais la relation de l'individu avec la violence.

Pour identifier les cas à risque, le système d'analyse va ainsi prendre en compte une série d'informations qui pourraient indiquer une propension à la violence. Par exemple les éventuels délits violents déjà commis, le fait qu'une personne a été confrontée à la violence dans son enfance ou durant une guerre, des pulsions sadiques ou la fascination pour les armes.

Si l'un de ces critères est rempli, il ne suffira alors que d'une légère affinité avec l'extrémisme religieux pour que le système catégorise une personne comme extrêmement dangereuse. Les maladies psychiques constituent un autre indice de la dangerosité d'une personne.

Poser les bonnes questions

Pour trouver le futur auteur d'un attentat parmi 1000 djihadistes, il faut poser les bonnes questions, explique M. Endrass dans une interview publiée par plusieurs journaux dominicaux. "Si l'on s'en tient à l'âge ou à la religion, on n'ira pas très loin".

Et le scientifique d'illustrer son propos par un exemple: "La police de New York définit des critères comme 'jeune, sexe masculin, musulman et condamné pour de petits délits'. Le résultat de ce modèle sans nuances est une surveillance en masse de la population musulmane de New York".

Interrogé sur l'efficacité des critères de son modèle, Jérôme Endrass répond que "même s'ils permettent d'identifier correctement une personne à risque et que la police la surveille en permanence, on ne pourra rien faire si cette personne décidait soudainement de foncer dans une foule avec sa voiture".

90 personnes "à risque" en Suisse

Pour rappel, en Suisse, quelque 90 personnes sont considérées comme "à risque" dans le contexte du djihadisme. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a introduit cette nouvelle catégorie dans son rapport annuel 2017, publié début mai. En Allemagne, 570 personnes sont actuellement considérées comme "à risque", d'après les évaluations du BKA.

Quant à savoir si les autorités suisses envisagent d'utiliser elles aussi la nouvelle méthode d'analyse, ni Jérôme Endrass ni le SRC n'étaient joignable dimanche par l'ats pour répondre à cette question.

ATS