Le conseil des ministres allemands adopte le salaire minimum
(Keystone-ATS) Le conseil des ministres allemand a adopté mercredi la loi établissant dans le pays un salaire minimum, qui s’appliquera à tous dès 2017 au plus tard. Cette loi constitue un projet clé du gouvernement Merkel III.
«C’est fait», a déclaré une source gouvernementale à l’issue du conseil des ministres. Ce salaire plancher a été fixé à 8,50 euros brut de l’heure (10,30 francs).
Il entrera en vigueur au 1er janvier 2015 mais une période de transition est prévue pour les secteurs qui seront encore sous le coup d’un accord de branche. Au plus tard en 2017, il concernera tout le monde, sauf les moins de 18 ans, les stagiaires et les chômeurs de longue durée, exemptés pendant les six mois suivant leur embauche.
La loi adoptée mercredi par les ministres doit encore être approuvée par les députés du Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, et vraisemblablement par la chambre haute Bundesrat, ce qui dans les deux cas ne devrait poser aucun problème.
Moins qu’en France
A 8,50 euros, le salaire minimum allemand est inférieur au Smic français (9,53 euros de l’heure) mais un peu plus élevé que ses équivalents britannique (6,31 livres, soit environ 7,60 euros) et américain.
Même si le précédent gouvernement Merkel avait déjà initié le mouvement avec des salaires minimums de branche, l’instauration d’un Smic à l’allemande s’apparente à une révolution dans un pays qui historiquement laisse les partenaires sociaux négocier les salaires entre eux.
Face à l’essor ces dernières années d’un secteur de bas salaires et d’une frange de «travailleurs pauvres», la mesure rencontre un soutien large parmi les Allemands. Plus de 80% d’entre eux y étaient favorables selon un sondage effectué en septembre. Selon un autre sondage récent, 56% pensent même qu’elle va renforcer l’économie allemande contre 40% qui pensent le contraire.
Adopté à contre-coeur
La chancelière Angela Merkel et son parti conservateur ont consenti à contre-coeur au projet, condition sine qua non des sociaux-démocrates pour participer au gouvernement. Une partie de la droite et les milieux économiques se sont livrés à un lobbying intense ces derniers mois.