Le lac de Bretaye réoxygéné rend son goût à l’eau d’Ollon (VD)
En quelques semaines, les eaux du lac de Bretaye à Ollon (VD) sont passées du vert au noir. Un changement qui témoigne des premiers effets des travaux de réoxygénation lancés au printemps pour éliminer les cyanobactéries, améliorer le goût du réseau d'eau potable communal et restaurer l'écosystème.
(Keystone-ATS) L’oxygène injecté dans le plan d’eau opère déjà son «effet fantastique», constate auprès de Keystone-ATS le municipal en charge de la protection de l’environnement Gilbert Freymond.
Depuis plusieurs années, le lac était considéré comme «hypereutrophe»: la très grande richesse en nutriments encourageait le développement massif d’algues qui, en se décomposant, épuisaient l’oxygène environnant, empêchant d’autres espèces de se développer.
Pour faire simple, des «mauvaises» bactéries s’étaient installées au fond de l’eau. Avec l’oxygène, les «bonnes» reviennent, explique l’élu PLR. Le plan d’eau a ainsi retrouvé une teinte plus sombre, les cyanobactéries ayant progressivement disparu.
Ces «algues bleu-vert» y proliféraient depuis 2019. Même si «l’efficacité» du travail réalisé dans le lac est remarquable, il faudra attendre «pour que la biologie reparte» et que le lac se régénère totalement, poursuit le Boyard – surnom donné aux habitants de la commune.
La patience est de mise
«Ce n’est pas un travail de quelques mois, il faudra des années», ajoute-t-il. En attendant, les opérations menées ont déjà levé un des problèmes générés par la présence de ces micro-organismes photosynthétiques: le goût de l’eau du réseau de la commune.
«Le bassin versant du lac de Bretaye est en relation avec les sources communales, explique Gilbert Freymond. Les cyanobactéries présentes n’étaient pas du tout toxiques, mais elles conféraient un goût de tourbe à l’eau en raison de la présence de géosmine.»
Il aura fallu près d’un an pour trouver l’origine du problème. L’aération du lac a d’ailleurs été menée en premier lieu pour y remédier avant de contribuer à redonner vie au plan d’eau. Une autre mesure a été prise rapidement: celle de limiter l’accès au lac.
Auparavant, le bétail aimait s’y baigner. Or, leurs excréments apportaient du phosphore, un nutriment qui favorise fortement la prolifération des algues et des cyanobactéries.