Le magazine «Femina» marque le 40e anniversaire du suffrage féminin
(Keystone-ATS) Lausanne – Le magazine «Femina» a évolué parallèlement à la place de la femme en Suisse depuis l’octroi du suffrage féminin, il y a quarante ans. Le 7 février 1971, jour de la votation fédérale, «il y a eu une véritable omerta dans le magazine», admet sa rédactrice en chef actuelle.
L’éditeur d’alors était contre le suffrage féminin et la seule journaliste à en avoir parlé sur une pleine page a failli perdre sa place. Marie-Pierre Dupont est tout de même devenue rédactrice en chef huit ans plus tard, déclare dans une interview au quotidien «Le Matin» Annick Chevillot, qui conduit aujourd’hui le magazine dominical.
Merci aux hommes de 1971Ce périodique alors essentiellement centré sur la cuisine, la mode et la santé a évolué. Durant les années 80, 90 et 2000, le titre a fait beaucoup de place aux femmes qui travaillent et à celles qui jouent un rôle dans la société, note la rédactrice en chef qui profite de l’occasion pour «tirer son chapeau aux hommes suisses de 1971. Car ce sont eux qui ont permis aux femmes d’élire et d’être élues».
Ainsi le numéro spécial de ce week-end s’attarde aussi bien sur l’émancipation des femmes que sur les témoignages de diverses pionnières telles que Ruth Dreifuss. Il contient également un reportage à Appenzell, forcé d’instaurer le suffrage fémimin en 1990, et une rubrique sur la beauté des politiciennes. L’édition anniversaire se penche encore sur les bureaux de l’égalité, indique Mme Chevillot.
La langue structure les espritsParallèlement à l’évolution du magazine, la preuve la plus évidente que la Suisse a changé depuis 1971 est la présence de quatre femmes au Conseil fédéral, selon elle. «D’autres éléments sont moins visibles. Les mentalités ont changé. On ne blâme plus une femme qui retourne travailler après un accouchement», précise la rédactrice en chef de «Femina».