Cannabis légal: trois ans pour pouvoir accéder au champ secret qui fournit Lausanne et Genève
En Suisse, fumer un joint reste interdit. Pourtant, quelque 10'000 adultes achètent déjà leur cannabis en toute légalité, avec QR code et ticket de caisse. Pendant que le Parlement planche sur une loi qui pourrait ouvrir la vente aux personnes majeures, Zoom Info a remonté la filière, du champ jusqu'au comptoir, dans une nouvelle série audio.
Il a fallu trois ans à la journaliste Anouk Pernet pour obtenir le feu vert. En 2023, la porte se ferme: trop sensible. Puis viennent des mois de négociations, des garanties de confidentialité, et un producteur très discret qu’il faut encore convaincre. Elle finit par franchir les barbelés de la plantation. L’adresse? Elle ne la donnera à personne. Même pas à ses collègues, qui n’arrêtent pas de la lui demander.
Plus
Bâle expérimente la dépénalisation du cannabis récréatif
Sur place, oubliez les caves sous lampes chauffantes. Des arbustes en plein air, des caméras partout, et des employés en combinaison et charlotte qui récoltent au sécateur, fleur par fleur. Certains refusent de dire comment ils sont arrivés là. D’autres confient ce qu’ils répondent quand on leur demande leur métier, ou les regards à la crèche quand l’odeur de la récolte colle encore aux vêtements.
Direction ensuite la Cannabinothèque de Vernier (GE). Costumes-cravates, femmes chics, fumeurs depuis 45 ans: le cliché du hippie fumeur de joint en prend un coup.
Ruth Dreifuss défend cette idée depuis plus de trente ans, insultes comprises. Un élu l’avait surnommée la dealeuse de la nation, et des caricatures la montraient distribuant des seringues dans une cour d’école. À plus de 80 ans, elle préside l’association qui pilote l’essai genevois. Elle revient sur la crise de l’héroïne à Berne, dit ce qu’elle redoute pour la suite, et répond à la question que tout le monde se pose: a-t-elle déjà goûté?
Le dernier épisode s’attarde sur ce que le montage a laissé de côté. Des voisins appellent la police à cause d’une odeur suspecte. Des dealers viennent jauger la concurrence. Et une clientèle presque exclusivement masculine s’explique de façon inattendue.
Un champ sous haute surveillance, une boutique éclairée comme un bureau de poste et une ancienne présidente qui n’a rien lâché: le cannabis de demain se prépare déjà, à l’abri des regards.
>> Vers la série complèteLien externe
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.