Le Parlement jurassien unanime pour une votation populaire
(Keystone-ATS) Deux jours après le Grand Conseil bernois, le Parlement jurassien a ouvert mercredi la voie à une votation populaire sur la création d’un nouveau canton du Jura avec le Jura bernois. Les partis ont appuyé à l’unanimité le processus.
La révision de la constitution cantonale, adoptée par 59 voix sans opposition et sans abstention, porte sur l’ajout d’un article 139. Celui-ci accorde au Gouvernement jurassien la compétence de lancer les démarches pour la création d’un canton regroupant Jura bernois et Jura. Cette modification sera soumise au référendum obligatoire lors d’un vote simultané en automne organisé dans les deux régions.
L’adoption de l’article 139 a été saluée par des applaudissements nourris. Mais contrairement au débat sur le rapport sur l’unité du Jura, les députés n’ont pas entonné la Rauracienne, le chant des militants jurassiens. Les députés n’ont d’ailleurs jamais fait preuve de triomphalisme, soulignant que rien n’était acquis.
Statut de canton
«La région jurassienne est à un tournant de son histoire», a lancé la ministre Elisabeth Baume-Schneider. La cheffe du Département de la formation, de la culture et des sports a expliqué les avantages pour une communauté d’appartenir à un canton. «La souveraineté cantonale jurassienne a des effets positifs», a-t-elle ajouté en citant le développement économique, l’évolution démographique ou le pouvoir de décision.
Evoquant la création d’un nouveau canton, Elisabeth Baume-Schneider a affirmé que l’opération ne ferait pas de perdant. Le gouvernement s’engage à être à l’écoute du Jura bernois. La ministre a prôné le dialogue et l’ouverture dans la perspective de cette votation.
Automne chaud
Les populations du Jura bernois et du Jura se rendront aux urnes au mois de novembre. La date n’a pas encore été fixée. Elle pourrait dépendre d’un éventuel référendum de l’UDC bernoise contre la loi sur le statut particulier.
Les citoyens jurassiens et jurassiens bernois diront lors de cette votation s’ils donnent le feu vert à leur gouvernement respectif pour engager un processus menant à la création d’un nouveau canton. Si le «non» devait l’emporter dans l’une des deux régions, l’idée de créer une nouvelle entité serait abandonnée. Ne resterait que l’option du vote communaliste.