Le parquet français favorable à l’extradition d’Abliazov en Russie
(Keystone-ATS) Le parquet général de Lyon s’est prononcé vendredi en faveur de l’extradition de l’oligarque et opposant kazakh Moukhtar Abliazov vers la Russie, là où il se dit victime d’une persécution politique. Moscou l’accuse d’avoir détourné des milliards de dollars.
La chambre de l’instruction a mis sa décision en délibéré au vendredi 24 octobre. Dans sa réquisition, l’avocat général Christian Ponsard s’est dit favorable à l’extradition vers la Russie de l’oligarque, plutôt que vers l’Ukraine qui avait aussi réclamé son extradition, la demande russe ayant été la première.
Le parquet général a estimé que M. Abliazov relevait davantage du droit commun que de la politique alors que ses défenseurs craignent pour sa sécurité, pointant le non-respect des droits de l’homme en Russie. Par ailleurs, la chambre de l’instruction a refusé vendredi d’entendre Garry Kasparov, légende des échecs et opposant à Vladimir Poutine, qui s’était déplacé pour témoigner en faveur de M. Abliazov.
Quatorze mois
La défense d’Abliazov, ancien banquier et ministre kazakh détenu en France depuis son arrestation dans les Alpes-Maritimes le 31 juillet 2013, a récemment réclamé en vain sa remise en liberté. «Quatorze mois (de détention) c’est très long, c’est trop long», avait lancé Me Bruno Rebstock, un de ses avocats.
L’Ukraine et la Russie accusent Abliazov d’avoir détourné, via des opérations financières effectuées sur leur sol, des milliards de dollars quand il dirigeait la première banque kazakhe, BTA. Mais pour la défense, Kiev et Moscou ne sont dans cette affaire que des faux-nez d’Astana et M. Abliazov, ennemi de Noursoultan Nazarbaïev après avoir été son ministre, jouerait sa vie s’il était extradé.
BTA, au bord de la faillite, a été nationalisée en février 2009 et Abliazov s’est alors exilé au Royaume-Uni, où il a obtenu l’asile politique, tout en voyant ses actifs gelés et son passeport confisqué dans le cadre de procédures civiles intentées par les nouveaux dirigeants de la banque. A la veille d’une condamnation à 22 mois de prison ferme pour outrage par la Haute Cour de Londres, il a quitté clandestinement l’Angleterre en février 2012.