Le socialiste Patxi Lopez à la tête du Congrès du Madrid
(Keystone-ATS) Le socialiste Patxi Lopez a accédé mercredi à la présidence du Congrès à Madrid, grâce aux voix de son parti et de Ciudadanos. Cette élection constitue un événement inédit dans le pays où la chambre basse était toujours dirigée par le vainqueur des législatives.
L’ancien président régional du Pays basque (2009-2012), âgé de 56 ans, a été élu avec 130 voix pour, à la majorité simple, grâce aux voix du PSOE et celle des Ciudadanos (centre). Les deux partis s’étaient accordés la veille.
Le Parti populaire (PP, droite), vainqueur des élections législatives du 20 décembre en Espagne mais avec une très courte marge d’avance (28,7% des suffrages et 123 sièges), a accepté cette candidature en s’abstenant. La formation de droite propose une grande alliance entre PP, socialistes et Ciudadanos qui lui permette de former un gouvernement.
Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol sortant, va tenter de former un gouvernement et d’obtenir la confiance du Parlement d’ici la fin du mois, a annoncé de son côté le secrétaire général adjoint du Parti populaire.
Jamais depuis la transition ayant rétabli la démocratie en Espagne après 40 ans de franquisme, le Congrès n’avait été présidé par le membre d’un parti qui n’est pas arrivé premier.
Nombreuses nouveautés
L’arrivée de Patxi Lopez à la présidence est l’une des nombreuses nouveautés de cette législature, marquée par l’irruption dans la vie politique de deux nouveaux partis: le mouvement de gauche radicale Podemos et le parti de centre et libéral Ciudadanos. Le premier et ses alliés disposent de 69 sièges et le deuxième a obtenu 40 députés. Les socialistes en ont 90.
«C’est une législature différente de toutes celles que nous avons eu depuis 1977 (…), le message des Espagnols a été clair: ils nous ont dit, nous devons nous entendre», a déclaré le président sortant Mariano Rajoy (PP, droite) à des journalistes avant la session.
Dans les rangs de l’assemblée, on pouvait assister mercredi à des scènes inédites, liées au renouvellement de la classe politique espagnole. La députée de Podemos Carolina Bescansa est ainsi venue avec son bébé de moins d’un an, dont elle ne se sépare pas.
«Retour du dialogue»
Patxi Lopez, 56 ans, enfant et petit-fils d’ouvriers très engagés à gauche, a été le seul dirigeant socialiste du Pays basque traditionnellement dirigé par les nationalistes conservateurs du PNV.
Pendant son mandat, l’organisation séparatiste basque ETA a renoncé de manière définitive à la violence, en octobre 2011. Pendant cette période, il a notamment mis l’accent sur les efforts de réconciliation. Il est membre de l’exécutif fédéral du Parti socialiste.
«Avec Patxi Lopez c’est le retour du dialogue au Congrès», s’est félicité le chef de l’opposition socialiste Pedro Sanchez peu avant l’ouverture de la session.