Les agents de détention genevois en grève jeudi
(Keystone-ATS) Les agents de détention genevois ont symboliquement débrayé jeudi pour protester contre des conditions de travail «inacceptables». Ils ont réitéré leurs revendications quant à l’augmentation de leurs effectifs et l’unification de leur statut.
«C’est un succès», s’est réjoui Christian Antonietti, président de l’Union de personnel du corps de police (UPCP) jeudi devant la presse. «Entre 30 et 60 agents provenant de toutes les prisons genevoises tournent depuis 07h00 et jusqu’à 19h00 devant l’établissement pénitentiaire de Champ-Dollon, où est installé le piquet de débrayage».
La prison propose un service minimum calqué sur celui des dimanches. «Absolument rien ne rentre dans la prison, pas un véhicule, ni un détenu», a-t-il relevé. «A l’intérieur, les prestations dues aux détenus (promenade, nourriture chaude) sont assurées».
Prestations à harmoniser
«Nous n’avons aucune nouvelle revendication», a précisé M. Antonietti. «On veut que les engagements du Conseil d’Etat en 2013 soient réalisés en termes d’effectifs. Il avait promis 400 agents de détention à fin 2013, nous en sommes à 356. Il en a engagé 82 récemment, c’est beaucoup, mais ce n’est pas au profit de Champ-Dollon», a déploré le président de l’UCPC.
Les agents de détention continuent d’exiger une harmonisation du statut appliqué au personnel travaillant à Champ-Dollon à l’ensemble des agents du canton. «Nous n’avons pas les mêmes prestations sociales. Les quelque 120 gardiens au bénéfice du statut D doivent notamment travailler jusqu’à 65 ans, alors qu’environ 350 agents de Champ-Dollon, qui ont le statut F, ont droit à une retraite à 58 ans», a-t-il expliqué.
Une loi rejetée
Elément clé de la sérénité, les conditions de travail restent inacceptables. Il est difficile de susciter des vocations sachant qu’il faut parfois travailler 18 heures non stop ou uriner dans une bouteille, faute de pouvoir quitter son poste. Il faut offrir quelque chose de sain pour attirer du monde, relève M. Antonietti.
Les gardiens rejettent en outre le projet de loi sur l’organisation et le personnel de la prison. Selon M. Antonietti, elle sera nécessairement amendée par le Parlement et n’éliminera pas le double statut.
Les gardiens de prison en sont à leur 3e débrayage depuis mai 2013. «Mais un piquet de toute une journée, c’est une première», a noté le président de l’UCPC. L’action a reçu le soutien du Syndicat des services publics (SSP) et du Cartel intersyndical. Un débrayage sera reconduit mardi prochain en soutien aux actions de la fonction publique.
Harmonisation prévue
Quant à l’unification des statuts, l’Etat s’élève en faux contre les déclarations de l’UPCP. Il explique avoir octroyé dès 2014 à tous les nouveaux agents de statut D les avantages réservés au F, notamment le paiement de l’assurance-maladie.
La refonte de la loi sur l’organisation et le personnel de la prison prévoit l’harmonisation du statut et donnera à cette pratique l’assise légale qu’elle nécessite impérativement.