Les cheminots et les intermittents défient le gouvernement
(Keystone-ATS) Alors que les cheminots français ont reconduit leur grève pour un septième jour, le gouvernement a aussi été confronté lundi au mécontentement des intermittents du spectacle. Le Premier ministre Manuel Valls s’est montré ferme avec les premiers et plutôt réceptif avec les seconds.
Au sixième jour de grève à la SNCF, Manuel Valls a une nouvelle fois exclu de reporter la réforme ferroviaire. Ce projet doit être discuté mardi par l’Assemblée nationale. Il a fait valoir que le texte pouvait «encore être amélioré» par le biais d’amendements.
«Il y a la nécessité d’une grande réforme pour la SNCF, attendue par la SNCF, attendue par les cheminots eux-mêmes», a-t-il dit pour justifier la fermeté de l’exécutif. «Cette réforme maintient évidemment le statut des cheminots», a-t-il assuré.
Coûteuse grève
«Il n’est pas possible de maintenir cette situation qui n’est pas comprise par nos concitoyens et qui coûte cher au pays», a insisté Manuel Valls. D’ailleurs, le président de la SNCF Guillaume Pepy a évalué lundi sque le coût de la grève s’élève à «entre 80 et 100 millions d’euros» (100 à 120 millions de francs) pour l’entreprise publique. Les usagers de la SNCF seront indemnisés.
Stabiliser la dette
Les quatre syndicats à l’origine de la grève sont opposés à la réforme qui vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire (44 milliards d’euros/53 millions de francs) et préparer son ouverture totale à la concurrence. Elle prévoit le rapprochement sous une même holding de la SNCF et de RFF, le gestionnaire du réseau ferré.
Malgré les appels à arrêter le débrayage, notamment du président François Hollande, les cheminots de la SNCF ont décidé dans l’après-midi de reconduire leur grève. Elle en sera mardi à son septième jour.
Opposition de l’UMP
La parole est désormais aux parlementaires. A gauche, le numéro un du Parti communiste français a exprimé son soutien aux grévistes.
A droite, les députés UMP ont fait savoir qu’ils voteraient contre le projet de réforme. Luc Chatel, qui prenait ses fonctions de secrétaire général intérimaire de l’UMP lundi, est allé plus loin en demandant le retrait d’un «mauvais» texte.
La plupart des TGV desservant la Suisse vont circuler mardi. Dans le détail, quatre rames sur quatorze seront supprimées sur le tronçon Paris-Zurich-Paris, a indiqué une porte-parole des CFF, Donatella Del Vecchio. Six des huit trains de la ligne Paris-Lausanne-Paris rouleront selon l’horaire.
En outre, cinq rames sur les quinze de la ligne Paris-Genève-Paris seront supprimées. Comme les jours précédents, les trois TGV de Genève pour Marseille, Nice ou Montpellier resteront biffés de l’horaire. Par ailleurs, tous les trains régionaux TER au départ de Genève pour le territoire français seront supprimés.