Les métaux précieux se reprennent de leur chute vertigineuse
L'or et l'argent rebondissaient mardi, après avoir subi une lourde chute la veille sur fond de nomination à la Réserve fédérale américaine mais aussi de mouvement spéculatif peu courant sur des actifs considérés comme des placements sûrs.
(Keystone-ATS) Peu avant 07h40, l’once d’or progressait de 4,59% à 4875,85 dollars, après avoir plongé la veille à quelque 4402 dollars. Le métal jaune s’est cependant considérablement éloigné de son plus haut historique à 5598 dollars atteint le 29 janvier.
L’argent suivait la même courbe, accélérant de 7,77% à 85,38 dollars l’once, se reprenant suite à une chute à 71,76 dollars lundi. Jeudi dernier, ce métal précieux, également utilisé dans l’industrie, avait plafonné à un niveau record de 121,65 dollars.
«Les marchés des métaux précieux viennent de connaître l’un des retournements les plus violents de ces dernières décennies, tant par son ampleur que par sa rapidité», a résumé John Plassard.
Selon le responsable des placements de la banque Cité Gestion, «il serait tentant de désigner la nomination de Kevin Warsh (à la tête de la Fed) comme la cause principale de la correction, mais cette lecture relève davantage du raccourci que de l’analyse économique rigoureuse. Son profil, perçu comme plus orthodoxe et plus attentif à la discipline monétaire, a certes servi de catalyseur psychologique». Mais les marchés «ont corrigé parce qu’ils étaient vulnérables, pas parce qu’un homme a été nommé», a-t-il insisté dans un commentaire.
Un actif d’influenceur?
«On dirait que de nombreux spéculateurs sont sortis du marché pendant le weekend», a ajouté l’analyste de CMC Markets, Christine Romar, qui a évoqué «un ajustement sain sur le marché des métaux précieux». La situation demeure cependant «fragile» pour l’or et l’argent et «hautement toxique» pour les marchés actions.
Pour Mme Romar, «chaque petite impulsion pourrait provoquer de la nervosité ces prochains jours», avec notamment les problèmes budgétaires aux Etats-Unis, les tensions entre Washington et Téhéran et les données sur le marché du travail vendredi.
«L’appétit au risque semble se rétablir avec le retour des investisseurs vers l’or et l’argent», a commenté Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote. «Nous ne savons toujours pas s’il s’agit de la fin de la débâcle sur les métaux, mais les investisseurs opportunistes reviennent lorsque l’or et l’argent passent sous leur moyenne mobile à 50 jours».
L’experte de Swissquote est cependant prudente, estimant que «le récent comportement de l’or est inquiétant». Perçu comme valeur refuge, le métal jaune sert habituellement de protection contre les risques du marché. Mais il se comporte actuellement plutôt comme un «actif à risques, voire même par moment comme une action mème», un titre qui gagne en popularité sur les réseaux sociaux, a averti Mme Ozkardeskaya.