Marathon Gaumont à la Cinémathèque suisse

Dans son nouveau programme, la Cinémathèque suisse a choisi de célébrer la doyenne mondiale des compagnies de cinéma: la Française Gaumont. Un cycle de films marqué par la diffusion de l'intégralité des Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard.

Ce contenu a été publié le 03 mars 2000 - 10:45

Dans son nouveau programme, la Cinémathèque suisse a choisi de célébrer la doyenne mondiale des compagnies de cinéma: la Française Gaumont. Un cycle de films marqué, entre autres, par la diffusion de l'intégralité des Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard (photo).

Les grands noms du cinéma «ont tourné, tournent et tourneront avec Gaumont», claironnait Malraux. Il exagérait à peine, des premiers films d'Alice Guy, la secrétaire du fondateur Léon Gaumont, à la Jeanne d'Arc de Luc Besson, des origines du cinéma à sa pratique actuelle, la compagnie française a accompagné l'existence tout entière du film français. Elle est la doyenne mondiale des compagnies de cinéma.

Jusqu'au 9 avril, la Cinémathèque suisse consacre un hommage au géant français. Un cycle de vingt-trois programmes. Programmes plutôt que films puisque, à côté d'un Gabin (Razzia sur la chnouf) ou du Coup de tête de Jean-Jacques Annaud, cette rétrospective sera marquée par les projections marathon de deux sérials des années 10: Les Vampires (8h16 de projection!) et Fantômas (5h35, «seulement») de Louis Feuillade.

«La première projection des Lumières a lieu fin 1895 à Paris, racontait jeudi, à Lausanne, le PDG de la Gaumont depuis un quart de siècle, Nicolas Seydoux. Un an plus tard, Léon Gaumont produit des films, grâce à sa secrétaire, Alice Guy, 19 ans et épouse de libraire cultivée. A l'époque, Gaumont ne possède qu'une fabrique d'appareils de photo et de cinéma et Alice Guy le convainc que, pour mieux vendre ses appareils, il devrait faire des films. Il lui répond: «C'est une excellente idée, à condition que vous fassiez cela en dehors des heures de travail et que ça ne me coûte pas cher!».

Depuis, la Gaumont n'a cessé de produire des films et de chercher à perpétuer une tradition populaire du cinéma initiée par Louis Feuillade. «Je me réjouis de constater, note Nicolas Seydoux, que personne aujourd'hui ne considère le cinéma populaire de Feuillade comme médiocre. Le populaire est une tradition que les cinémas européens en général ont oublié. Cette rencontre du talent avec des gens qui ont simplement besoin d'être changés de leur quotidien permet au cinéma d'attirer beaucoup de spectateurs. Or je prétends que le cinéma vit d'abord de ses spectateurs.»

Thierry Jobin

Hommage à la Gaumont. Cinémathèque suisse, 3 allée Ernest-Ansermet, Lausanne. Rés: 021/331 01 02. Jusqu'au 9 avril. Evénements du cycle: samedi 4 mars, «Les Vampires» de Louis Feuillade (1915-16), sérial en 10 épisodes (8h16); dimanche 19 mars, «Fantômas» de Louis Feuillade (1913-14), sérial en 5 épisodes (5h35). Projections marathon accompagnées au piano par le jazzman Malcolm Braff.

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