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Mondial 2010: l'exploit de la Suisse face à l'Espagne



Gelson Fernandes, unique buteur d'une rencontre qui restera dans les annales du football suisse.

Gelson Fernandes, unique buteur d'une rencontre qui restera dans les annales du football suisse.

(Reuters)

La Suisse a réalisé la première prouesse du Mondial 2010 en Afrique du Sud en battant l’Espagne, championne d’Europe en titre, 1-0 à Durban. Gelson Fernandes a inscrit l’unique but de la rencontre à la 52e.

C’est une victoire qui restera dans les annales du football suisse, au même titre que le succès de la sélection des moins de 17 ans au Mondial nigérian en novembre 2009. Mercredi 16 juin 2010, la Suisse a déjoué tous les pronostics pour venir à bout de l’Espagne, championne d’Europe en titre et grande favorite de la compétition.

Devant 61'000 spectateurs médusés, le sélectionneur Ottmar Hitzfeld a réussi un pari qui semblait impossible aux yeux de tous les observateurs. Au mieux espérait-on un match nul providentiel face à une formation qui fait figure d’épouvantail sur la scène mondiale depuis son titre de champion d’Europe en 2008.

«La Suisse devant une montagne», «David contre Goliath», «La mission s’apparente à gravir l’Everest à mains nues»: les métaphores pour évoquer le fossé qui séparait Suisses et Espagnols n’ont ainsi pas manqué de fleurir dans les journaux avant la rencontre.

Première victoire de l’histoire

Et pour cause: depuis 2007, l’Espagne n’a perdu qu’un match sur 48 disputés. Mieux encore, la «Roja» a remporté l’intégralité de ses dix matches de qualification pour le Mondial sud-africain. Sorte de Barcelone bis - six titulaires proviennent du club catalan -, la sélection espagnole pratique un football à la fois chatoyant et efficace.

Le fameux tiki-taka, un jeu à la touche de balle inspiré du toque sud-américain avec un supplément de présence physique, est le cauchemar de tous les entraîneurs de la planète. Mais apparemment pas celui d’Ottmar Hitzfeld, qui a réussi à poser des problèmes insolubles à la «Roja» .

Le coach allemand, arrivé à la tête de la sélection nationale il y a deux ans, avait pourtant de quoi se faire du souci. Au vu du bilan des confrontations entre les deux équipes - 15 victoires espagnoles pour trois nuls et zéro défaite - les rêves de victoire paraissaient bien maigres face à une formation qui venait d’infliger un sec 6-0 à la Pologne lors de son dernier match de préparation.

Une organisation sans failles

Conformément aux prévisions, l’équipe d’Espagne a pris l’emprise sur le jeu dès les premières minutes de jeu. Bien regroupée au milieu de terrain, compacte en défense, la sélection suisse a accepté la domination espagnole tout en prenant soin de laisser le moins d’espaces possibles aux attaquants ibériques.

Il a ainsi fallu attendre la 17e minute pour assister au premier tir espagnol, signé Silva, que Diego Benaglio pouvait stopper sans danger. Cinq minutes plus tard, le dernier rempart suisse effectuait la première parade décisive face à Piqué.

La deuxième grosse alerte dans l’arrière-garde suisse est survenue juste avant la pause. Lancé parfaitement dans la profondeur par Iniesta, Villa a crocheté Von Bergen avant de piquer sa balle au deuxième poteau. Tentative de lob ou de passe? Toujours est-il que l’Espagne, parfois coupable d’un excès de précipitation, est rentrée bredouille aux vestiaires.

Senderos se blesse…

En face, la Suisse, disposée tactiquement en 4-4-1-1, avec un excellent Eren Derdiyok en soutien à Blaise Nkufo, a passé l’essentiel de son temps à défendre. Le seul tir cadré a été le fait de Reto Ziegler sur un coup-franc (39e) à 25 mètres des buts espagnols, sans danger majeur toutefois pour Casillas.

Le gros coup dur des 45 premières minutes côté suisse a été la blessure de Philippe Senderos. Touché à la cheville dans un contact avec son coéquipier Stefan Lichtsteiner, le défenseur a dû céder sa place à Steve Von Bergen. Un changement qui n’a finalement pas handicapé une arrière-garde helvétique concentrée comme jamais.

… et Gelson marque

A la reprise, les observateurs sont nombreux à se demander combien de temps la Suisse va résister aux assauts espagnols. Et c’est alors que survient l’inattendu. Sur un long dégagement du gardien Diego Benaglio, Benjamin Huggel prolonge de la tête sur Derdiyok, qui peut éviter la sortie de Casillas. Piqué réussit à freiner par deux fois le ballon mais Gelson Fernandes insiste et peut pousser le cuir dans le but vide.

Sur son deuxième tir du match, la Suisse prend l’avantage. C’est la surprise générale au Moses Mabhiba Stadium de Durban. Parmi les 61'000 spectateurs présents et à travers le son assourdissant des vuvuzelas, la cohorte suisse arrive toutefois à faire entendre les «Hop Schwyz» de circonstance.

La suite de la rencontre se déroule sur un mode similaire. L’Espagne presse mais se montre inefficace. A la 70e, un tir énorme de Xavier Alonso termine sa course sur la latte des buts suisses. La chance sourit à l’équipe de Suisse. Mais aussi aux Espagnols. Cinq minutes plus tard, Eren Derdiyok réalise un grand numéro au sein de la défense ibérique, mais son extérieur du pied droit vient s’échouer sur le montant droit d’Iker Casillas.

La domination stérile de l’Espagne se poursuit jusqu’au terme de la confrontation. La défense suisse repousse un à un tous les centres espagnols dans la mêlée, ne concédant plus aucune véritable occasion dangereuse de but jusqu’à la 95e minute.

Place au Chili

Avec trois points inattendus récoltés lors de son premier match du Mondial, la Suisse aborde la suite de la compétition avec une énorme charge en moins sur les épaules. Le prochain match face au Chili sera peut-être déjà décisif en vue de la qualification pour les huitièmes de finale. Les Chiliens se sont imposés sur la plus petite des marques (1-0) face au Honduras mais ils ont fait forte impression lors de leur entrée en lice.

Vifs, explosifs, techniquement nettement au-dessus de leurs adversaires, les Chiliens ont transpercé la défense hondurienne à maintes reprises. Seule a manqué une plus grande efficacité devant le but hondurien.

Avec son organisation défensive extrêmement efficace, la Suisse parviendra-t-elle une nouvelle fois à déjouer le jeu adverse ? Réponse lundi à 16h au Nelson Mandela Bay Stadium de Port Elizabeth.

Samuel Jaberg, swissinfo.ch

Ils ont dit

Ottmar Hitzfeld (Suisse) «C'est une victoire historique. Nous n'avions pas battu l'Espagne en 105 ans. Nous avons fait un pas vers les 1/8 de finale, mais maintenant on va attendre beaucoup de nous, il faut donc qu'on reste attentifs et concentrés. Contre le Chili, ce sera plus dur que contre l'Espagne. L'équipe a essayé de rester compacte. Contre l'Espagne, il ne faut pas s'exposer, sinon on se fait contrer.»

Vicente Del Bosque (Espagne) «Nous avons fait tout notre possible mais nous avons manqué de précision dans les derniers mètres, et eux ont réussi à marquer en contre. Maintenant, il faut retrouver de la motivation. Il nous reste deux matches dans ce premier tour, et nous sommes dans l'obligation de les gagner.»

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ESPAGNE - SUISSE 0-1 (0-0)

52' Fernandes.

Espagne: Casillas; Ramos, Puyol, Pique, Capdevila; Busquets (62' Torres); Silva (62' J.Navas), Xabi Alonso, Xavi, Iniesta (77' Pedro Rodriguez); Villa.

Suisse: Benaglio; Lichtsteiner, Senderos (36' Von Bergen), Grichting, Ziegler; Barnetta (92' Eggimann), Inler, Huggel, Fernandes; Derdiyok (79' Yakin); Nkufo.

Arbitre: Webb/Angleterre
Durban: 61000 spectateurs


Classement
1. Chili 1 1 0 0 1- 0 3
et Suisse 1 1 0 0 1- 0 3
3. Honduras 1 0 0 1 0- 1 0
et Espagne 1 0 0 1 0- 1 0

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