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Monte di Paschi se défend face à l’offre hostile d’Intesa

Keystone-SDA

Sous le coup d'un offre hostile de la numéro une italienne, Intesa Sanpaolo, la banque Monte di Paschi, forte de solides résultats au 2e trimestre, a défendu vendredi sa "solidité patrimoniale" et son importance.

(Keystone-ATS) Elle s’estime en position de force pour «évaluer toutes les options stratégiques».

Intesa Sanpaolo, qui emploie près de 90’000 personnes, s’est lancée début juin dans une offre de rachat hostile pour 31 milliards d’euros (29 milliards de francs) sur Monte dei Paschi di Siena (MPS), désormais troisième groupe bancaire italien depuis le rachat de la banque privée Mediobanca en 2025, ouvrant une nouvelle étape majeure dans la consolidation du secteur bancaire de la péninsule.

Mais à l’occasion de la présentation des résultats du groupe vendredi, le directeur général de MPS, Luigi Lovaglio, a répété l’opposition du conseil d’administration à cette offre jugée insuffisante.

«L’offre d’Intesa Sanpaolo ne semble pas, à l’heure actuelle, rémunérer pleinement les actionnaires de Monte di Paschi pour la prime de contrôle, les synergies et la valeur de la franchise. Tout en les exposant à des risques réglementaires et d’exécution significatifs», a justifié M. Lovaglio.

La plus vieille banque italienne estime que l’offre d’échange de la numéro une du secteur (1,6 action Intesa Sanpaolo et un euro en numéraire pour chaque action MPS) n’offre qu’une prime de 12,5%, nettement inférieure aux niveaux observés lors d’opérations comparables dans le secteur bancaire italien, compris entre 30% et 41%.

«J’ai toujours été partisan de la consolidation du secteur bancaire (…) mais l’échelle et la taille doivent renforcer les opérateurs, et non nécessairement en réduire le nombre. La consolidation du secteur doit être évaluée en dernier ressort selon une logique industrielle et de création de valeur, et non dans une optique de fragmentation», a poursuivi Luigi Lovaglio.

Faisant valoir le rôle de la banque de Sienne comme «actif stratégique pour l’économie italienne», le directeur général de MPS a estimé que cette «valeur systémique dépend(ait) de l’intégrité même de la banque».

«La question n’est donc pas seulement de savoir combien vaut Monte di Paschi aujourd’hui, mais quelle valeur notre banque pourra générer demain pour ce pays», a poursuivi M. Lovaglio, comparant l’éventuelle fragmentation du groupe à celui d’une centrale électrique: «chaque partie peut certes continuer à tenir debout, mais on risque de perdre en puissance».

En cas de succès, l’opération de fusion avec Intesa Sanpaolo donnerait naissance au deuxième groupe bancaire de la zone euro en termes de capitalisation boursière, avec un réseau de quelque 3000 agences, selon cette dernière.

La plus grande banque italienne avait lancé son offre de rachat au lendemain de l’annonce par Banco BPM de discussions avec Monte dei Paschi en vue d’une possible «fusion entre égaux». Banco BPM a depuis annoncé avoir mis fin aux discussions au sujet d’un éventuel rapprochement avec la banque toscane.

«Position de force»

Forte d’un bénéfice net de 610 millions d’euros (+27,3% sur un an) bien supérieur aux attentes, et d’un chiffre d’affaires de 2,06 milliards d’euros (+5,3%) tiré notamment par une hausse des commissions nettes, Monte di Padchi s’estime en position de force pour évaluer toute nouvelle option stratégique.

«Ce qui ressort clairement au deuxième trimestre, c’est la qualité: les bénéfices augmentent, l’activité commerciale progresse, les masses de la clientèle croissent, et notre situation patrimoniale se renforce encore» avec des coûts «restés sous contrôle», s’est félicité M. Lovaglio, lors de la présentation des résultats.

«La solidité de notre situation financière nous offre un triple avantage: la flexibilité nécessaire pour soutenir la croissance, la flexibilité pour rémunérer les actionnaires et la flexibilité pour évaluer les opportunités stratégiques», a-t-il ajouté.

«Et dans le contexte stratégique actuel, notre situation financière est l’une des raisons pour lesquelles Monte di Paschi peut évaluer toutes les options stratégiques en position de force», a développé Luigi Lovaglio.

Le directeur général n’a pas précisé quelles étaient ces «options stratégiques», se contentant d’indiquer qu’il s’agissait d’identifier ce qui générait le plus de valeur pour les actionnaires. «Cela provient justement de ce que nous avons construit, plutôt que de démanteler ce que nous avons réalisé», a-t-il souligné.

Au bord d’une faillite retentissante, Monte di Paschi di Siena (MPS) fondée à Sienne en 1472, avait dû être renflouée en 2017 à hauteur de 5,4 milliards d’euros par l’Etat italien qui en était devenu le principal actionnaire. Rome avait ensuite réduit sa participation.

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