Plaidoyer de la Suisse pour renforcer l’OSCE
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) devrait sortir renforcée de la crise actuelle, a estimé jeudi à Vienne Ignazio Cassis. Sa priorité actuelle est de "contribuer à une paix juste et durable en Ukraine".
(Keystone-ATS) «L’OSCE est un des plus grands succès diplomatiques de la guerre froide», a relevé le chef du DFAE devant le Conseil permanent de l’organisation, à l’occasion du lancement officiel de la présidence suisse en 2026. «Pourtant, la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a plongé notre organisation dans la plus grave crise de son histoire. Notre consensus est fragilisé, notre capacité d’action réduite, et notre confiance profondément entamée.»
Le conseiller fédéral a demandé au Secrétaire général d’intensifier les préparatifs afin que l’OSCE soit prête à assumer un rôle ciblé, crédible et complémentaire en cas de désescalade ou de cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie.
L’OSCE ne sera ni une force d’imposition de la paix, ni une solution miracle, a indiqué M. Cassis. Mais elle peut jouer un rôle utile – notamment comme plateforme de dialogue, comme mécanisme de soutien à un cessez-le-feu ou comme acteur de stabilisation ciblée.
La crise doit renforcer l’OSCE
«Notre organisation est née à une époque de confrontation idéologique aiguë. Elle n’a jamais été conçue pour des temps faciles, mais pour des temps dangereux.»
La Suisse aborde sa présidence avec une conviction claire: «La crise actuelle doit renforcer l’OSCE, et non la marginaliser», a encore dit M. Cassis. L’approche helvétique repose sur une triple exigence: efficacité, crédibilité et réactivité, ce qui suppose notamment de saisir les fenêtres d’opportunité.
Pour réussir, l’OSCE – qui regroupe 57 Etats dont la Russie – a également besoin d’un budget et de réformes, a poursuivi le conseiller fédéral. «Nous préparons des propositions pragmatiques afin que l’OSCE puisse remplir son mandat. Nous en discuterons tous ensemble.»