Plus de 300’000 jeunes Suisses confrontés à des images pornos
(Keystone-ATS) Quelque 338’000 enfants âgés de 9 à 16 ans en Suisse ont déjà été confrontés à des images à caractère pornographique ou ont fait l’objet de harcèlement sur Internet ces 12 derniers mois. Plus inquiétant encore, selon une étude de l’Université de Zurich, près de 40% des parents ignorent la situation.
Sur ces 338’000 enfants concernés, les chercheurs estiment à quelque 65’000 le nombre de ceux qui ont été perturbés par ce qu’ils ont vécu, indique vendredi l’Office fédéral des assurances sociales.
Parmi 1000 jeunes entre 9 et 16 ans interrogés, quelque 38% ont déjà été confrontés à des images à caractère pornographique. Si d’autres médias, tels que les magazines ou la télévision entrent également en ligne de compte, Internet est responsable dans 21% des cas, précise Martin Hermida, professeur de science du journalisme.
Environ 13% des enfants sont confrontés à ce type d’images sans qu’ils l’aient souhaité, par des pop-ups, – ces fenêtres qui s’affichent sans avoir été sollicitées.
Les chercheurs jugent «considérable» le nombre d’enfants concernés. Une situation d’autant plus inquiétante vu l’ignorance des parents: indépendamment du sexe de leur enfant, environ 40% des parents pensent que celui-ci n’a pas vu d’images ou de vidéos à caractère pornographique sur Internet.
Différence de genre
Les parents semblent également sous-estimer les cas de harcèlement informatique. Seuls 45% des parents dont les enfants en ont été victimes affirment avoir été au courant et 53% pensent que leur enfant n’a jamais souffert une telle situation. Le chiffre est encore plus impressionnant lorsqu’il s’agit de garçons: 81% des parents disent ne pas avoir été au courant.
Les garçons sont aussi plus nombreux (43%) à prendre le risque de rencontrer des inconnus que les filles (22%). Là aussi les parents semblent ignorer la situation: 68% des parents dont l’enfant a déjà fait ce type d’expérience affirment que leur progéniture ne rencontrerait pas une personne qu’elle a connue sur Internet. Enfin, seuls 16% des parents savaient que ce genre de rencontre avait eu lieu.