Jean-Philippe Maitre quitte l’arène politique
Atteint d’une tumeur au cerveau, le président du Conseil national (Chambre basse) Jean-Philippe Maitre quittera ses fonctions le 1er mars.
L’élection de son remplaçant pourrait avoir lieu lors de la session de printemps du Conseil national.
Agé de 55 ans, le premier citoyen du pays a fait connaître sa décision vendredi. Jean-Philippe Maitre renonce non seulement à la présidence de la Chambre basse, mais aussi à son siège de député, afin de poursuivre sa thérapie.
La maladie de Jean-Philippe Maitre a été rendue publique en janvier. Le Genevois avait été hospitalisé après avoir perdu connaissance lors d’un entretien téléphonique le 21 décembre dernier. Les médecins avaient alors diagnostiqué une tumeur au cerveau.
Longue carrière politique
Avocat de formation, membre du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre droit), Jean-Philippe Maitre a été élu au Conseil national en 1983. Il y est doyen de fonction avec un autre Genevois, le libéral Jacques-Simon Eggly.
Au début de sa carrière nationale, il a parallèlement dirigé le département genevois de l’économie de 1985 à 1997. Il a ensuite présidé le groupe démocrate-chrétien aux Chambres fédérales de 1998 à 2002.
En tant que président d’un parti gouvernemental, Jean-Philippe Maitre était l’un des «poids lourds» de la politique fédérale. Le seul poste qui ne s’est pas ouvert à lui est celui de ministre.
Son nom avait pourtant circulé lors de la double démission, en 1999, de Flavio Cotti et d’Arnold Koller. Mais le Genevois avait finalement renoncé à partir au combat.
Comme couronnement de cette longue carrière politique, Jean-Philippe Maitre a accédé au perchoir du Conseil national le 29 novembre dernier. Il était le 10e représentant du canton du bout du lac à revêtir l’habit de «premier citoyen du pays».
Très bientôt un successeur
C’est à l’unanimité que les partis gouvernementaux ont déploré vendredi le départ de Jean-Philippe Maitre. Radicaux (droite), socialistes et démocrates du centre (droite dure) ne remettent pas en question le maintien de la présidence en mains démocrates chrétiennes.
L’élection d’un nouveau président pourrait rapidement intervenir, très probablement au cours de la prochaine session des Chambres fédérales (28 février-18 mars). Il revient au bureau du Conseil national de décider de la date de l’élection.
Le PDC a mis sur pied une groupe de travail pour désigner un candidat à la succession. Ce groupe est composée de Jean-Michel Cina, chef du groupe démocrate-chrétien des Chambres fédérales, de Doris Leuthard, présidente du parti et du sénateur Franz Wicki.
Le groupe présentera un candidat ou une candidate durant la première moitié de la prochaine session, a précisé Jean-Michel Cina. Ce dernier n’a donné aucune indication concernant les candidats potentiels et les critères de sélection.
Quant au siège laissé vacant comme conseiller national, il revient au premier des viennent-ensuite sur la liste PDC lors des élections du 19 octobre 2003. Jean-Claude Vaudroz, déjà conseiller national de 1999 à 2003, pourrait ainsi y accéder.
swissinfo et les agences
Membre du parlement genevois à 24 ans
Entrée au gouvernement genevois à 36 ans
Président du PDC genevois de 1981 à 1984
Ministre genevois de l’économie de 1985 à 1997
Election au Conseil national en 1983
Président du groupe démocrate chrétien des Chambres fédérales de 1998 à 2002
Elu à la présidence du Conseil national en 2004
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