«On veut nos autoroutes. Et vite!»
Jurassiens, Valaisans, Neuchâtelois et Bernois, ils étaient plus de 2000 samedi sur la Place fédérale à dénoncer les restrictions de crédits pour les routes nationales.
Répondant à l’appel de leurs gouvernements cantonaux, les manifestants ont exigé l’achèvement rapide de leurs autoroutes.
«La forte participation à cette manifestation démontre que notre patience est épuisée! Vous ne pouvez pas repousser aux calendes grecques l’achèvement de nos routes nationales», lance le ministre jurassien de l’équipement, Laurent Schaffter à l’adresse des autorités fédérales.
La très grande majorité des manifestants réunis sur la Place fédérale est venue du canton du Jura. Plus d’une centaine de drapeaux jurassiens flottent au-dessus de la foule.
La manifestation s’est d’ailleurs terminée sur la Rauracienne, chant de lutte des Jurassiens. Sur les banderoles, on peut lire «Tout pour le triangle d’or, les miettes pour la Romandie» ou «Non pas la charité mais l’égalité de traitement».
Instigateur de cette démarche, le ministre jurassien explique qu’il n’est pas venu à Berne pour quémander la charité mais pour que la Confédération respecte ses promesses en matière de routes.
Et il n’est pas venu seul. Les organisateurs estiment avoir mobilisé entre 2500 et 3000 personnes. La police municipale bernoise parle quant à elle de 1500 manifestants.
Démarche inédite
Ce rassemblement a été convoqué par les cantons du Jura, de Neuchâtel, du Valais et de Berne. Une démarche inédite, pour sensibiliser les autorités fédérales à l’urgence d’achever rapidement leur réseau de routes nationales. Les quatre cantons estiment que les économies pénalisent les régions périphériques.
«Les nouvelles mesures qui affectent la réalisation des routes ne sont pas acceptables», renchérit le conseiller d’Etat (ministre) valaisan Jean-Jacques Rey-Bellet. «Nous sommes venus dire aux autorités que de traiter ainsi et de façon répétée quelques membres isolés de la famille confédérale, c’est une marque de mépris».
«Si nous ne sommes pas entendus, nous reviendrons», scandent les participants. Promesse reprise par les ministres jurassien et valaisan, ainsi que par leur collègue neuchâtelois Pierre Hirschy et par la présidente de Conseil régional du Jura bernois Béatrice Devaux-Stilli.
Retard pour la Transjurane
Les économies qui affecteraient ces quatre cantons s’élèvent à 233 millions de francs pour les trois prochaines années. Si elles devaient être avalisées par le Parlement, elles feraient peser des menaces sur l’achèvement de la Transjurane (A16), de l’A9 en Haut-Valais et de l’A5, contournement de Bienne et évitement de Serrières (Neuchâtel).
Ces économies engendreront des reports de travaux et des retards sur les délais d’ouverture. En l’espace de 14 ans, l’achèvement de la Transjurane de Boncourt (Jura) à Bienne a été retardé de dix ans. Prévu pour 2015, le contournement de Bienne est maintenant annoncé pour 2019 au plus tôt.
En portant le débat dans la rue, les cantons se détournent des chemins institutionnels habituels pour être entendus à Berne. Fer de lance de cette opération, le gouvernement jurassien a bénéficié du soutien des milieux politiques, économiques et syndicaux. La mobilisation a été moins forte dans les autres cantons.
Hésitations bernoises
L’idée du canton du Jura d’organiser cette manifestation n’a pas fait l’unanimité. Le maire de Bienne Hans Stöckli n’a pas caché ses doutes quant au succès de la démarche. «Un parlementaire ne se laisse pas influencer par des manifestants», a-t-il souligné il y a quelques jours.
La directrice bernoise des travaux publics Barbara Egger-Jenzer a quant à elle renoncé à prendre la parole sur la Place fédérale.
Pour justifier cette position, qui a suscité la colère dans le Jura bernois, elle a invoqué les possibles réactions négatives d’autres cantons à l’approche de la votation sur la péréquation financière. Elle estime également qu’un canton n’a pas à organiser une manifestation.
swissinfo et les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.