Plaidoyer suisse en faveur de l’Asie centrale
L'Afghanistan va bénéficier d'une aide massive. Pour autant, prévient la Suisse, il ne faut pas oublier les autres pays de la région.
Il va pleuvoir de l’argent, même beaucoup d’argent, ces prochains mois sur l’Afghanistan. Du jamais vu pour ce pays longtemps oublié et ravagé par 20 ans de guerre.
Les 60 pays rassemblés à Tokyo viennent, en effet, de délier leurs bourses pour la reconstruction. La Suisse aussi.
Mais générosité ne rime pas avec naïveté. Les pays donateurs ont soumis l’octroi de cette aide à deux conditions essentielles: la démocratisation et l’élimination du terrorisme.
Concrètement, le gouvernement afghan de transition peut compter sur 3 milliards de francs cette année. Et sur plus de 7,5 milliards de francs dans les cinq ans à venir.
Seul à défendre les républiques d’Asie centrale
Parmi les pays donateurs, la Suisse versera à l’Afghanistan 22 millions de francs cette année et 15 millions l’an prochain. Pour autant, elle n’oublie pas ses autres engagements dans la région.
Et elle l’a fait savoir lors de la séance plénière de la conférence des pays donateurs à Tokyo. D’ailleurs, l’ambassadeur Walter Fust a été le seul à défendre la nécessité d’aider les républiques d’Asie centrale.
«Dans cette région, la Suisse est un partenaire connu et apprécié, affirme le patron de l’aide suisse au développement. Le moment est, plus que jamais, favorable pour maintenir notre croissance et doper nos programmes d’aide humanitaire.»
La Suisse continuera donc de financer des projets importants dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale. Dont elle est l’un des principaux bailleurs de fonds occidentaux.
L’aide financière helvétique s’est élevée, depuis 1997, à 72 millions de francs pour le Pakistan, à 28 millions pour le Tadjikistan, à 3,4 millions pour l’Ouzbékistan et à 45 millions pour le Kirghizstan.
Il faut dire que les préoccupations helvétiques sont largement liées à l’action du Comité International de la Croix-Rouge dans la région. Le CICR est en effet très présent dans les camps de réfugiés situés aux confins de l’Afghanistan. Et ses délégués savent que seul un retour à la stabilité régionale permettra une reconstruction durable.
Richard Werly, Tokyo
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