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Radicaux et PDC dans un mouchoir de poche

Au Conseil national, le centre droit apparaît toujours plus homogène. Keystone

Une étude vient souligner la proximité entre deux des quatre partis gouvernementaux lors des votes à la Chambre du peuple du Parlement.

Démocrates-chrétiens et radicaux ont voté ensemble dans 92% des cas durant la première année de la législature.

Un an après le début de la législature, deux chercheurs zurichois et fribourgeois proposent une première photographie idéologique de la Chambre du peuple (Conseil national).

L’étude repose sur 277 votes nominatifs organisés au Parlement. Elle attribue un «rating» à chacun des députés en fonction d’une échelle gauche-droite (allant de – 10 à + 10).

Cette image du spectre politique fait apparaître trois parties distinctes. A gauche, le camp rose-verts (socialistes et Verts), à droite l’Union démocratique du centre (UDC). Tous deux plutôt ramassés et assez homogènes.

Le centre occupe un champ plus vaste sur le plan idéologique. On constate toutefois l’émergence d’un centre droit bien identifiable, composé des radicaux (PRD) et des démocrates-chrétiens (PDC).

Cette proximité des deux partis intervient en dépit des dissensions qui les ont opposés lors de l’élection du gouvernement en 2003, avec l’éviction de la conseillère fédérale PDC Ruth Metzler et la désignation de l’UDC Christoph Blocher.

Un rapprochement inéluctable

Les auteurs de l’étude constatent que jamais radicaux et démocrates-chrétiens n’ont été aussi proches depuis l’introduction du vote nominatif régulier en 1995.

Entre décembre 2003 et octobre 2004, le PDC et le PRD se sont retrouvés côte à côte lors de 92% des votes. Un pourcentage qui atteignait 82% «seulement» lors de la législature 1999-2003.

Une nuance toutefois: les deux partis ne se sont pas pour autant fondus l’un dans l’autre, assurent les auteurs de l’étude.

Ce qui n’empêche pas le journal Le Temps de constater que «l’étude dresse, dans la pratique parlementaire, l’esquisse d’un rapprochement, sans aller jusqu’à la fusion (…). Une évolution qui tend de plus en plus à apparaître, à terme, comme inéluctable».

Ceci dit, le PDC remporte la palme du parti «le plus à cheval entre les deux moitiés du spectre». Il a voté dans 71% des cas avec l’UDC et dans 70% des cas avec les socialistes.

Les députés romands plus à gauche

L’étude des professeurs Michaël Hermann et Bruno Jeitzinger montre autre chose. Globalement, les députés romands se situent plus à gauche que les Alémaniques sur le spectre idéologique.

La différence atteint trois points sur l’échelle gauche-droite (+1,5 en moyenne pour les Alémaniques, -1,5 pour les Romands). Une césure qui se retrouve aussi au sein des quatre partis gouvernementaux.

«Cela montre que la progression de l’UDC en Suisse romande a surtout contribué à renforcer son aile «gauche»», en concluent les auteurs.

En plus du fossé des langues apparaît aussi un fossé des genres. Les femmes votent plus à gauche que les hommes. Pas moins de 44 des 50 députées du Conseil national soutiennent une politique à gauche de la médiane de la chambre.

De cette étude, on retiendra les noms de trois députés. Ceux du popiste vaudois Josef Zysiadis, conseiller national le plus à gauche, et de l’UDC schwytzois Peter Föhn, à l’autre extrême.

Jacques-Simon Eggly obtient pour sa part le qualificatif de politicien médian. Le libéral genevois a exactement le même nombre de collègues sur sa gauche que sur sa droite.

swissinfo et les agences

L’étude repose sur 277 votes nominatifs organisés au Parlement entre décembre 2003 et octobre 2004.

Elle attribue un «rating» à chacun des députés en fonction d’une échelle gauche-droite qui va de – 10 à + 10.

Elle est due à Michaël Hermann, spécialiste des mentalités politiques à l’Institut de géographie de l’Université de Zurich et à Bruno Jeitzinger, professeur à l’Université de Fribourg.

– Le Conseil national compte 200 membres. Il est élu à la proportionnelle: un siège représente 36’000 habitants.

– Le renouvellement du conseil se fait tous les quatre ans, l’avant-dernier dimanche d’octobre.

– Les membres du conseil sont élus pour quatre ans. La réélection est possible.

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