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Attentat de Corsier: la piste des mercenaires russes

Des mercenaires russes, abandonnés au Congo en 1997, pourraient en vouloir au Français Jack Sigolet, dont la piscine a sauté à Corsier (GE), le 13 mars dernier.

Installé à Corsier depuis 1992, bénéficiant d’un permis C , Jack Sigolet était l’un des financiers de la compagnie pétrolière Elf, et président d’une petite banque, la Fiba, appartenant à la fois à Elf et au président du Gabon Omar Bongo. A 66 ans, il anime une autre compagnie pétrolière, installée à Genève, Crossoil, travaillant cette fois pour l’Angola.

Apparemment Jack Sigolet ne s’est pas fait que des amis dans sa longue carrière africaine. En 1998, des inconnus mettent le feu à sa voiture en France. Un an plus tard, ils s’en prennent au véhicule de son épouse. Et le mois dernier, ils ont carrément fait sauter sa piscine, dans sa propriété à Corsier.

Très rapidement, les amis de Jack Sigolet pointent du doigt des Corses. La Tribune de Genève de vendredi dernier relaye ces bruits, et cite la société de gardiennage corse Kallisté, celle même qui était chargée de protéger l’ancien dirigeant d’Elf depuis 1999. En clair, à la suite d’un différend, Kallisté aurait pu s’en prendre à son employeur.

20 hommes abandonnés au Congo

Toutefois, cette piste n’est pas la seule suivie par la police fédérale, en charge de cet attentat. Elle a appris qu’en 1997 Jack Sigolet avait été lié à une vente d’armes au Congo. Pour aider le président Pascal Lissouba, menacé par son rival Denis Sassou Nguesso, il lui aurait proposé des hélicoptères et des mercenaires russes.

Seulement voilà, les équipages des deux MI24 et des trois MI8 (une vingtaine d’hommes) sont pris au piège à Pointe-Noire au moment de la chute de Lissouba. «Leurs encadreurs congolais et français ayant disparu», raconte La Lettre du Continent, la publication la mieux informée sur l’Afrique.

Sachant qu’ils risquaient d’être immédiatement exécutés, les mercenaires russes se précipitent au port et embarquent, sous la menace de leurs armes, sur un bateau estonien. «Le bateau estonien, après plusieurs semaines de navigation et des escales en Afrique du Sud, au Mozambique et dans les pays du Golfe persique, regagnera l’Estonie avec ses 20 pilotes», raconte encore la lettre confidentielle.

On peut facilement imaginer que des mercenaires, abandonnés en pleine guerre civile et qui n’ont vraisemblablement pas été payés, conservent quelque rancune contre l’un de leur commanditaire. Jack Sigolet, qui avait affirmé le 18 mars à swissinfo qu’il restait à Genève, a préféré depuis rejoindre le Sud de la France.

Ian Hamel

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