Conseil fédéral : spéculation autour du siège de Ruth Dreifuss
La droite chercherait à éjecter les socialistes du gouvernement. Une chose est sûre en tout cas : en Suisse romande, comme en Suisse alémanique, la presse dominicale spécule sur une démission prochaine de Ruth Dreifuss.
La droite chercherait à éjecter les socialistes du gouvernement. Une chose est sûre en tout cas : en Suisse romande, comme en Suisse alémanique, la presse dominicale spécule sur une démission prochaine de la ministre des affaires sociales, la conseillère fédérale Ruth Dreifuss.
Première observation, cette spéculation ne repose sur rien ou presque. Une théorie d’un anonyme fonctionnaire d’un parti de droite d’un côté, quelques décisions récentes du gouvernement en matière sociale d’autre part qui ne vont pas dans le sens de la politique défendue par l’actuelle présidente de la Confédération. Il n’en faut pas davantage pour échafauder toute une théorie : dégoûtée par ses récents échecs, Mme Dreifuss jette l’éponge avant le renouvellement intégral du gouvernement par les 246 membres de l’Assemblée fédérale le 15 décembre prochain.
Comme les socialistes ont laissé entendre, à la fin de la semaine passée, qu’ils se retireraient du gouvernement si l’un de leurs deux ministres actuels n’était pas réélu, la spéculation se poursuit avec ce cas de figure : le parti socialiste quitte le gouvernement et l’Union démocratique du centre et le parti radical héritent des deux sièges ainsi libérés. La Suisse a un gouvernement de droite et il s’est enfin passé quelque chose en politique suisse.
Belle «story», qui a le mérite de faire vendre la presse dominicale. La «story» était un peu différente le dimanche précédent et un nouveau scénario, tout aussi fondé et solide, sera présenté aux lecteurs dimanche prochain.
A la fin de la semaine passée, le président de l’Union démocratique du centre avait laissé entendre que son parti visait un second fauteuil gouvernemental au détriment des démocrates-chrétiens, le plus petit des quatre partis gouvernementaux aujourd’hui, et plus précisément du ministre des Affaires étrangères Joseph Deiss. Le problème, pour la presse de boulevard, c’est qu’un tel scénario est infiniment moins «payant» qu’un coup d’éclat gauche-droite, homme-femme, Blocher-Dreifuss.
Pierre-André Tschanz
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