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«Il faut que cela cesse»

Même si la vie a repris à Jénine, les ruines témoignent encore du passage de l’armée israélienne. Keystone

«Cessons toute collaboration militaire avec Israël». C'est l'appel lancé samedi de Jénine par trois parlementaires suisses en visite dans le camp dévasté.

«Nous avons vu les tas de ruines, c’est effrayant», raconte Ruth-Gaby Vermot-Mangold, jointe au téléphone par swissinfo depuis le camp de Jénine, en Cisjordanie. Trois semaines après l’intervention israélienne, l’image dominante est encore celle de la désolation.

«Les Israéliens ont rasé les maisons avec leurs bulldozers et leurs chars d’assaut, puis ils ont poussé les décombres pour en faire des tas où tout se mélange. D’autres habitations ne sont qu’à moitié détruites, et on y voit encore le mobilier, les vêtements et les couvertures éparpillés au sol», poursuit la conseillère nationale socialiste.

Appel au Conseil fédéral

«La Suisse officielle n’a pas le droit de se taire, lance la députée bernoise. Les livraisons de matériel militaire à Israël doivent cesser immédiatement. Car ces armes sont utilisées contre les Palestiniens».

Egalement du voyage à Jénine, son collègue de parti Andrea Hämmerle lance le même appel. «La Suisse ne doit en aucun cas continuer à travailler avec les militaires israéliens, mais plutôt avec les mouvements pacifistes, avec les organismes d’aide au développement et avec les ONG», a-t-il dit samedi soir au journal de le télévision alémanique SF DRS.

Pour Ruth Vermot, la collaboration de la Suisse officielle avec les forces de paix des deux pays (Israël et la Palestine) ne sera possible que si Berne offre ses services comme médiateur dans le conflit. «La Suisse doit intervenir pour qu’Israël stoppe cette guerre contre les Palestiniens», affirme la conseillère nationale.

Des souffrances à prendre au sérieux

Mais les députés ne se font guère d’illusions sur le poids de leur action. «Ce ne sont pas trois parlementaires qui parviendront seuls à faire réellement bouger les choses. Mais nous pouvons contribuer à faire augmenter la pression», admet Ruth Vermot.

Le but de ce voyage était également de voir les lieux et de parler avec les gens. «Les contacts que nous avons eus sont bouleversants. Ces hommes et ces femmes sont complètement désespérés. Ils ne peuvent rien faire d’autre que rester là, subir et se taire», explique la conseillère nationale.

Il s’agit donc bien également d’une visite de solidarité. «Comme ça, les habitants de Jénine peuvent voir qu’il y a aussi des gens qui prennent leur situation, leur souffrance, leur misère et même leur rage au sérieux», déclare Ruth Vermot.

Entrée en douce

La délégation parlementaire s’est rendue en Israël et dans les territoires occupés dans le cadre de l’action «Solidarité avec la Palestine». Outre Ruth Vermot et Andrea Hämmerle, la conseillère nationale écologiste vaudoise Anne-Catherine Menétrey-Savary est également du voyage.

Samedi matin, les trois députés ont réussi à pénétrer discrètement dans le camp de Jénine avec un médecin local. En empruntant une voie plus officielle, ils craignaient en effet de se faire arrêter à un point de contrôle de l’armée israélienne.

swissinfo/Philippe Kropf

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