La presse salue le résultat du vote sur l’éducation
La presse se félicite de la modification des articles constitutionnels sur l'éducation. Selon elle, fédéralisme étroit et éducation moderne n'étaient plus compatibles.
Pour une bonne partie des analystes, le vote de dimanche met sous pression des autorités cantonales appelées à mettre l’harmonisation scolaire en pratique.
Le vote fédéral à propos des articles constitutionnels sur l’éducation ne passionne pas vraiment la presse. Plusieurs journaux ont d’ailleurs préféré réserver leur commentaire à des thèmes cantonaux.
Mais parmi les quotidiens qui se penchent sur ce thème, la première chose qui frappe est l’ampleur du oui. Le terme de «soviétique» revient dans plusieurs éditoriaux pour qualifier le résultat de dimanche.
En phase avec la modernité
Reste que l’ampleur du résultat est difficile à interpréter. «Une proportion aussi massive traduit-elle un plébiscite ou une victoire par défaut, par indifférence face à un objet abstrait et institutionnel? Peut-être un peu des deux», écrit Le Temps.
Quoi qu’il en soit, pour les commentateurs, ce résultat était nécessaire pour permettre de mettre le système éducatif suisse en phase avec la modernité. «On a évidemment compris que le 21ème siècle ne pouvait être abordé sur la base de structures remontant au 19ème siècle», juge par exemple la Basler Zeitung.
«Les familles en ont assez d’un paysage éducatif encore marqué par quelques grandes différences d’une région à l’autre. Le vote de ce dimanche montre aussi que l’évidence scolaire s’impose au détriment du cantonalisme rigide», note pour sa part Le Temps.
Même son de cloche du côté du Tages Anzeiger qui écrit que «les gens en ont assez des régionalismes cantonaux dans la formation».
Un coup pour le fédéralisme
Le vote a été marqué par un taux de participation très faible. D’ailleurs, pour le Corriere del Ticino, ce taux de participation était «le fait le plus notable» du jour, vu que le résultat du vote était plus ou moins attendu.
Il n’en reste pas moins que, pour la plupart des analystes, ce vote était important, car c’est un coup porté au fédéralisme.
«Ce scrutin marque surtout un tournant. Les Suisses ont dit oui clairement leur ras-le-bol d’un fédéralisme étriqué, dépassé, défendu par les milieux nationalistes», juge ainsi Le Matin.
«Le vote d’hier dépasse le cadre scolaire. Depuis plusieurs années, il y a incontestablement un vent centralisateur qui souffle sur les institutions helvétiques», relève 24 heures. Mais le grand quotidien vaudois relève cependant que «si le fédéralisme est de plus en plus remis en question, le lien confédéral reste tout de même une valeur fondamentale».
Tout reste à faire
Les commentateurs sont bien conscients que l’adoption de la modification des articles constitutionnels sur la formation ne donne qu’un cadre vague à l’harmonisation souhaitée. Il reste donc maintenant à concrétiser ces souhaits dans les faits.
«Avec ces dispositions constitutionnelles, le cadre est posé. Il s’agit maintenant de définir le contenu et le tempo de l’harmonisation. Et là, les passions risquent bien d’enflammer les discussions», avertit Le Matin.
Pour les journaux alémaniques également, le scrutin met la pression sur les cantons, qui doivent désormais appliquer cette harmonisation scolaire. «Plus encore qu’à la Confédération, cette tâche revient aux cantons. Mais leur implication effective en faveur de l’harmonisation reste à démontrer», juge la Neue Zuercher Zeitung.
Le Bund est du même avis: «La politique scolaire intercantonale devra avant tout démonter qu’elle sait faire des réformes concrètes». Mais le grand quotidien bernois remarque que le vote de dimanche ne résout pas tous les problèmes de l’école.
«L’intégration, le plurilinguisme, la violence à l’école: il faut bien autre chose que quelques articles constitutionnels pour affronter ces thèmes», conclut le Bund.
swissinfo, Olivier Pauchard
86% des citoyens ont approuvé les nouveaux articles constitutionnels sur la formation.
Tous les cantons se sont prononcés en faveur de la modification.
Les cantons les plus favorables sont Berne (93%) et Neuchâtel (93%), les moins favorables sont le Tessin (60%) et Appenzell Rhodes-Intérieures (59%).
Le taux de participation a été très bas: 27%, presque le plus bas de l’histoire civique suisse.
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