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La Suisse envoie un signal en faveur de l’Europe et de l’économie, selon la presse internationale

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En mai, l’association de la Grève du climat avait organisé une manifestation à Berne contre l’initiative de l’UDC, scandant le slogan «Limiter le CO2 plutôt que les personnes». Keystone / Peter Schneider

Le rejet de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» lors du vote de dimanche est largement interprété à l’étranger comme un choix de stabilité et d’ouverture. De nombreux médias dans le monde soulignent les risques qu’un plafonnement de la population aurait fait peser sur les relations de la Confédération avec l’Union européenne.

Alors que la campagne avait déjà passionné la presse internationale, le refus de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» fait lui aussi largement réagir les médias étrangers.

De nombreux titres rappellent le caractère sans précédent du texte de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice), qui visait à plafonner la population helvétique à 10 millions de personnes en restreignant drastiquement l’immigration. «La Suisse n’est pas devenue, dimanche 14 juin, le premier État au monde à se fixer un plafond démographique, comme le proposait une initiative du parti nationaliste et populiste UDC, visant avant tout à fermer les portes à l’immigration», souligne notamment le quotidien français Le MondeLien externe.

The GuardianLien externe rappelle également que si de nombreux pays restreignent l’immigration, aucun n’a jamais tenté de fixer un plafond démographique en votation, ce qui donnait à ce scrutin une portée internationale inédite.

>> Notre article sur les résultats de la votation de dimanche sur l’intiative de l’UDC:

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Une votation au cœur du débat européen

Le scrutin est analysé à l’aune des relations avec l’Union européenne (UE) par la plupart des médias étrangers. Le MondeLien externe évoque le «réel soulagement» que signifie l’échec de l’initiative pour le gouvernement fédéral, qui combattait le texte. «En cas d’acceptation, il aurait pu se retrouver, dans quelques années, dans l’obligation de dénoncer toute une série d’accords bilatéraux qui lient la Suisse à l’UE, avec laquelle les relations sont souvent compliquées», relève le journal français.

Le ton est le même dans le Financial TimesLien externe, qui affirme que ce dénouement «lève une menace immédiate qui pesait sur les accords entre la Suisse et l’UE». Le quotidien économique et financier britannique estime que le résultat du scrutin devrait faciliter la mise en œuvre du nouveau paquet d’accords entre Berne et Bruxelles. Le projet qui vise à moderniser les relations entre la Confédération et les Vingt-Sept sera le prochain gros dossier politique, qui sera débattu l’automne prochain au Parlement, puis soumis au vote populaire en 2028.

El MundoLien externe aussi relève que le vote comportait «une dimension européenne importante». Le quotidien espagnol considère qu’une remise en cause de la libre circulation aurait fragilisé les relations avec l’UE. «L’Union européenne reste, de loin, le principal partenaire commercial de la Suisse, et une rupture aurait généré une incertitude économique et pour les entreprises», insiste-t-il.

Priorité à l’économie et à la stabilité

La presse allemande se concentre sur les conséquences économiques qu’aurait pu avoir une acceptation du texte. «Le ‘non’ des citoyens suisses à l’introduction d’un plafonnement strict de la population permet à l’économie du pays de pousser un soupir de soulagement», écrit la Frankfurter Allgemeine ZeitungLien externe (FAZ). Le quotidien souligne que le tissu économique helvétique dépend fortement des travailleurs qualifiés étrangers et que les entreprises redoutaient des pénuries de personnel ainsi qu’une perte d’attractivité.

Le journal met également en lumière le risque d’une érosion progressive de l’accès de la Suisse à son principal marché d’exportation. L’initiative prévoyait en dernier recours que le Conseil fédéral résilie l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’UE. «En raison de la clause dite guillotine, un certain nombre d’autres accords bilatéraux importants avec l’UE, très avantageux pour les entreprises exportatrices, seraient devenus obsolètes», note la FAZ.

L’ARDLien externe aussi insiste sur les conséquences d’une éventuelle résiliation de la libre circulation. «Cela aurait eu des conséquences considérables sur les relations étroites que la Suisse, pays non membre de l’UE, entretient avec son principal partenaire commercial», selon le média. Il résume: «L’UDC est déçue, mais c’est surtout le soulagement qui domine».

Dans le monde arabe, le journal Asharq Al‑AwsatLien externe résume l’interprétation dominante: les électeurs suisses ont donné la priorité à la stabilité économique et aux liens avec l’Union européenne. Le vote est parfois comparé à un «moment Brexit», tant ses implications potentielles pour les relations extérieures étaient importantes.

>> Notre article sur le vote des Suisses de l’étranger:

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Immigration: un malaise persistant

Plusieurs médias étrangers replacent le vote dans le contexte du débat global autour de l’immigration. Le quotidien portugais ExpressoLien externe observe que la migration reste un sujet sensible en Europe, dans un contexte de vieillissement démographique et de montée des sentiments anti‑étrangers. Il met en évidence la particularité du débat helvétique: «Alors que ce sentiment dans d’autres pays européens se concentre sur les migrants du monde en développement, la majorité des étrangers en Suisse sont des Européens».

En Italie, le Corriere della SeraLien externe rappelle le contexte démographique dans lequel s’inscrivait le scrutin de dimanche: «Ces dernières années, la Suisse a connu une croissance démographique vertigineuse; 32% des habitants sont d’origine étrangère, un pourcentage que seuls le Luxembourg et l’Australie dépassent parmi les pays de l’OSCE. Elle est passée de 7,2 millions d’habitants en 2003 — lorsque l’accord de libre circulation avec l’UE est entré en vigueur — à 9,1 millions aujourd’hui».

Le débat est également analysé en Russie, notamment par le quotidien économique russe VedomostiLien externe, qui s’appuie sur des experts. Pour le chercheur à l’Institut de l’Europe de l’Académie des Sciences de Russie Vladimir Schweitzer, l’idée de limiter la population reflète les préoccupations d’une partie de la société suisse, attachée à la préservation du cadre culturel et du sentiment de sécurité. Il relève que certaines craintes liées à l’immigration sont nourries par le contexte international et les conflits armés dans les régions d’où proviennent les migrants.

>> Six choses à retenir du non à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions»:

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