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La Suisse n’a pas perdu son âme

Les exercices du PPP (ici à Lucerne) sont aussi l’occasion pour les officiers suisses de rencontrer leurs collègues étrangers. Keystone Archive

Entrée en 1996 dans le Partenariat pour la paix (PPP) de l'OTAN, la Suisse n'y a perdu ni son indépendance, ni sa neutralité.

Instauré en 1994, dans le cadre de la grande redistribution des cartes consécutive à l’éclatement de l’empire soviétique, le PPP inclut, dès sa fondation, la plupart des pays d’Europe – y compris ceux de l’ex-Pacte de Varsovie.

En 1996, lorsque le gouvernement suisse décide d’y adhérer, il doit faire face à une coalition spontanée – et contre nature – de la gauche pacifiste et de la droite nationaliste.

En effet, dans les deux camps, on craint que le PPP, sous prétexte d’assurer la sécurité sur le vieux Continent, ne soit en fait rien d’autre que l’antichambre de l’Alliance atlantique.

Ses détracteurs feignent alors d’ignorer que le PPP est un contrat dit «à la carte». Un accord où chaque partie se réserve une grande liberté d’action.

D’ailleurs, dans le «document-cadre» du PPP signé par l’ancien ministre des Affaires étrangères Flavio Cotti, il est précisé que la Confédération helvétique n’a aucune intention d’adhérer à l’OTAN.

Une année de consolidation

Mercredi, le Conseil fédéral présentait donc son cinquième rapport annuel sur la participation de la Suisse au fameux PPP. 2001 y est décrit comme une année «de consolidation». Et le bilan, sur cinq ans, est globalement positif.

Ce qui signifie que la Suisse a poursuivi ses échanges avec ses partenaires européens et nord-américains dans les domaines où elle excelle. En tout, les Suisses ont participé à environ 250 activités mises sur pied par les autres pays membres.

Et, de leur côté, ils ont organisé 26 séminaires, cours de formation et autres rencontres diverses. Notamment sur la formation en matière de politique de sécurité, le contrôle des armements, les opérations conjointes de maintien de la paix ou encore les plans d’aide d’urgence en cas de catastrophe.

Des résultats concrets

En janvier 2001, quarante officiers sont venus, d’Espagne, de Russie, de Turquie, voire des Etats-Unis. A Andermatt, ils ont suivi un cours de sauvetage en montagne.

Pour rendre les conditions aussi proches que possible de la réalité, les Suisses n’ont d’ailleurs pas hésité à déclencher des coulées de neige à coups de dynamite.

Ce genre d’exercices permet aux différents professionnels qui y participent de comparer leurs méthodes de commandement et de gestion des crises. Et, plus accessoirement, de nouer de riches contacts personnels.

Et puis, en marge de sa participation au PPP, la Suisse s’est dotée de trois nouvelles institutions. Basés à Genève, le Centre de politique de sécurité, le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées et le Centre international de déminage humanitaire sont devenus des références.

Swisscoy et high-tech

Enfin, n’oublions pas la Swisscoy. Une unité dont la création aurait été impossible sans l’adhésion de la Suisse au PPP.

L’engagement des soldats suisses aux côtés des forces de l’OTAN au Kosovo a montré qu’un pays plutôt chatouilleux sur le chapitre de sa neutralité pouvait s’associer à ce type d’opérations de maintien de la paix. Et cela sans y perdre son âme.

La contribution helvétique au PPP inclut également un volet «high tech». C’est à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) qu’ont été mis au point les logiciels qui permettent aux 46 pays membres d’échanger les documents indispensables à la coordination d’une aussi vaste organisation.

C’est d’ailleurs ce dernier volet de la participation suisse au PPP qui aura coûté le plus cher en 2001 – un peu plus de la moitié des 7,7 millions de francs engagés par la Confédération.

Une somme conforme aux prévisions budgétaires. Mais qui ne comprend ni les dépenses de la Swisscoy ni celles des trois Centres de Genève.

swissinfo/Marc-André Miserez

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