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L’accès au service civil sera plus difficile en Suisse

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Le camp bourgeois s’est réjoui dimanche de l’acceptation de la réforme du service civil: ici, le conseiller national du Centre Reto Nause et la conseillère nationale PLR Maja Riniker. Keystone / Anthony Anex

Les jeunes auront plus de difficultés à être admis au service civil à l’avenir en Suisse. Le peuple a accepté à 52,5% des voix de restreindre l’accès au service civil. Les partisans de la réforme y voient «un signal fort pour l’armée», alors que les opposants appellent à «repousser d’autres attaques contre le service civil».

La Suisse serre la vis aux civilistes. Le peuple a soutenu dimanche la modification de la loi sur le service civil à 52,5%.

Le projet, élaboré par le Parlement et le gouvernement, a pour but de réduire le nombre de civilistes de 7200 à 4000 par année, soit une diminution de plus de 40%. L’idée est de renforcer les rangs de l’armée, dans un contexte géopolitique marqué par la guerre en Ukraine. 

>> La carte des résultats:

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Six mesures seront mises en œuvre pour rendre l’accès au service civil plus difficile. Tous les civilistes devront notamment effectuer un minimum de 150 jours de service, indépendamment du nombre de jours déjà accomplis dans l’armée. Les soldats ayant terminé leur service militaire ne pourront plus non plus passer au service civil afin de se soustraire au tir obligatoire.

En outre, les affectations nécessitant des études de médecine seront interdites, et les astreints devront faire un service par an jusqu’à accomplissement de tous les jours de service. Les personnes déposant une demande d’admission au service civil avant ou pendant l’école de recrues devront aussi accomplir leur affectation longue dès l’année suivant leur admission.

>> Notre article explicatif sur la modification de la loi sur le service civil:

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«Un signal fort pour l’armée»

Le camp bourgeois, qui soutenait la réforme, s’est réjoui du résultat. Sur le plateau de la RTS, la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz a salué «un signal fort pour l’armée». «Nous avons besoin en Suisse d’une armée forte. C’est une condition sine qua non pour la neutralité du pays», a-t-elle déclaré.

De son côté, le conseiller national UDC Nicolas Kolly a rappelé que le service civil n’était pas un choix, mais une alternative destinée aux personnes qui ne souhaitent pas accomplir leur service militaire pour des raisons de conscience. «Ces dernières années, de plus en plus d’hommes ont opté pour le service civil pour des raisons de confort», a-t-il déploré. Dans le contexte géopolitique actuel, il a estimé que la Confédération devait recentrer ses efforts sur la sécurité du pays.

L’Association des sociétés militaires suisses s’est également félicitée du oui à la réforme. «Nous devons préserver les ressources de l’armée. Nous perdons en réalité une brigade chaque année. Grâce à cette révision, nous pourrons combler ce manque», a affirmé Stefan Holenstein, président de la faîtière militaire, à la SRF.

Le militaire a reconnu que l’armée n’était pas toujours «décontractée et attrayante», tout en défendant le bien-fondé de la réforme: «Elle permettra de mieux motiver les jeunes à s’engager dans le service militaire ou la protection civile.»

«Nous avons eu du mal à exister»

Le projet était combattu par référendum par une alliance de partis et d’associations, soutenue notamment par le Parti socialiste, les Vert-e-s et le Parti évangélique suisse (PEV).

Interrogé par la RTS, le conseiller national socialiste Benoît Gaillard a jugé que les arguments des opposants peinaient à se faire entendre dans le contexte sécuritaire international. «Malgré tout, nous devons réfléchir à la manière d’adapter notre armée aux menaces de demain. La question du nombre de recrues n’est probablement plus déterminante: on a besoin d’électronique, de cyberrésilience», a-t-il analysé.

La conseillère nationale verte Clarens Chollet a, pour sa part, pointé la faiblesse de la campagne: «Il n’y avait pas de moyens, pas d’écho nulle part. Nous avons eu du mal à exister.» Elle a également appelé le camp du non à rester vigilant: «La droite va vouloir aller plus loin. Son objectif est de démanteler le service civil. Elle tentera notamment de réintroduire l’examen de conscience», a-t-elle averti.

>> Le système du service civil suisse se distingue de celui d’autres pays:

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D’autres attaques en vue contre le service civil

L’examen de conscience, aboli en 2008, pourrait en effet revenir sur la table. Depuis sa suppression, le nombre de demandes d’admission au service civil a fortement augmenté. La question est déjà discutée sous la Coupole fédérale: le Conseil national a accepté l’an dernier un postulat demandant au gouvernement d’examiner l’opportunité de le réintroduire afin de garantir les effectifs de l’armée à long terme.

Les opposants sont déterminés à «repousser d’autres attaques contre le service civil». Ils citent également le projet de fusion du service civil avec la Protection civile. «Ces projets sont une attaque frontale contre le droit fondamental à la liberté de conscience. C’est une politique rétrograde digne du siècle dernier», a fustigé le secrétaire politique du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), Rayyân Rehouma.

«Une mesure corrective»

Lors de sa conférence de presse dimanche, le ministre de l’Économie Guy Parmelin a annoncé que les nouvelles mesures entreraient en vigueur mi-2027. Il a également assuré qu’il ne s’agissait pas de supprimer ou de dévaloriser le service civil. «La réforme est une mesure corrective», a souligné Guy Parmelin.

Le service civil a été introduit en 1992 pour les objecteurs de conscience. «Il s’est mué en phénomène de masse». Et d’autres motifs sont devenus déterminants pour le choix du service civil. Celui-ci doit rester une exception à la règle qui veut que tout homme suisse fasse un service militaire. «La réforme doit supprimer les avantages indésirables dont bénéficient les civilistes par rapport aux militaires», a souligné le président de la Confédération.

Une campagne dans l’ombre de l’initiative de l’UDC

La campagne autour de la loi sur le service civil s’est déroulée dans l’ombre de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions». Cela se reflète notamment dans la couverture médiatique: seuls 2% de tous les articles de presse traitaient d’aspects liés au service civil, selon l’analyse de l’Année politique suisse. Un niveau d’attention qui place l’objet au 67e rang sur 74 campagnes analysées par la plateforme d’analyse politique.

Les adversaires de la révision espéraient profiter de la mobilisation contre l’initiative de l’UDC pour l’emporter. Ils misaient sur un effet d’entraînement: un refus du plafonnement de la population à 10 millions devait s’accompagner d’un rejet du durcissement de l’accès au service civil. Mais, malgré l’érosion de l’avance des partisans de la loi, cela n’a pas suffi à faire échouer le projet.

>> Jusqu’à l’introduction du service civile en 1996, les objecteurs de conscience risquaient la prison:

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