Les Français de Suisse votent Chirac
La réélection de l’actuel président de la République était très attendue à Zurich comme à Genève. Les Français de Suisse se sont davantage mobilisés qu’au premier tour.
«Bien entendu, je suis particulièrement satisfaite du résultat. Dimanche vers midi, il y avait une file d’attente de cinquante mètres devant le consulat à Genève pour aller voter», se réjouit Thérèse Espinet, la représentante du RPR dans la Confédération.
Non seulement Jacques Chirac obtiendrait 89,6% des suffrages en Suisse, un score bien supérieur à celui enregistré dans l’Hexagone (81,5%), mais le taux de participation a bondi de 42% au premier tour à 50,6% au second tour des élections présidentielles.
Même son de cloche de la part de Claudine Schmid, domiciliée à Zurich, élue l’année dernière déléguée au Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE). Elle faisait également campagne pour le locataire de l’Elysée. «J’espère que les Français vont confirmer ce vote le mois prochain pour les élections législatives, et donner une majorité à Jacques Chirac pour gouverner», note Claudine Schmid
Autre délégué au CSFE, le Genevois Pierre Oliviero, partisan du centriste François Bayrou, s’est mobilisé sans état d’âme pour le fondateur du RPR depuis le soir du 21 avril. «Heureux! Je suis heureux! J’avais tellement peur que Jean-Marie Le Pen obtienne davantage de voix», sourit-il.
Le FN discret en Suisse
Alain, originaire du bassin d’Arcachon, et installé dans le canton de Vaud depuis 22 ans, vote traditionnellement pour le Parti communiste. «Je ne suis guère rassuré par cette élection. Je constate que plus de cinq millions de Français continuent de donner un chèque en blanc à un individu comme Jean-Marie Le Pen, à un xénophobe», constate-t-il.
De l’autre côté de l’échiquier politique, les partisans du Front national se sont montrés particulièrement discrets dans la Confédération. Au premier tour, Jean-Marie Le Pen n’avait recueilli que 8% des voix, et son ancien bras droit (et aujourd’hui adversaire politique) Bruno Mégret, à peine 1%.
Pourtant, l’avocat genevois Olivier Wyssa, conseiller régional FN de la région Rhône-Alpes, refuse de voir un échec dans le score de son leader. «Au contraire, malgré une campagne hystérique, le FN a progressé en voix. C’est la preuve que nous nous enracinons dans le pays», affirme-t-il. Le double national Olivier Wyssa, qui sera candidat aux prochaines élections législatives dans l’Ain, espère bien arriver au second tour.
swissinfo/Ian Hamel
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