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On a défilé avec le Front national

Des manifestants d'extrême-droite à la rue de Rivoli, à Paris. Keystone

Des Français de Suisse ont participé à la manifestation du 1er mai organisée à Paris par le Front national. Mais pas les extrémistes de droite suisses.

Bruno Gollnisch, le bras droit de Jean-Marie Le Pen, arbore un sourire radieux. Il est vrai que la foule le propose au poste de Premier ministre, en cas de victoire du candidat du Front national (FN) dimanche prochain.

«Le 1er mai, lance-t-il, un brin de muguet à la boutonnière, c’est la fête de la patrie et celle des travailleurs qui votent de plus en plus pour Le Pen et de moins en moins pour la gauche.»

Juste derrière lui, Olivier Wyssa, grand, massif, ceint d’une écharpe tricolore. Il conduit la délégation du Front national de l’Ain, où se sont glissés quelques Français de Suisse. Conseiller régional de la région Rhône-Alpes, cet avocat établi à Genève possède la double nationalité, suisse et française.

«La nationalité française, ça se mérite. Je connais des étrangers qui sont devenus français et dont les enfants militent au Front national», assure Bruno Gollnisch.

Derrière lui un immense drapeau de la Savoie, rempli de faux billets de banque français; Jean-Marie Le Pen a annoncé qu’il réintroduirait le franc dans l’économie de l’Hexagone en cas de victoire.

Un slogan: «France-Le Pen-Liberté»

«Nous n’avons jamais été aussi heureux de notre vie», assure un vieux couple de Français venus de Lausanne qui milite à l’extrême droite depuis 1954.

A ce moment là, la foule se met à scander «France-Le Pen-Liberté». «Pour une fois que nous pouvons marcher dans Paris en ayant l’impression d’être en France», annonce le vieux monsieur, installé dans le canton de Vaud depuis plusieurs décennies.

A l’évidence, le traditionnel défilé du 1er mai du Front national a attiré quelques Français de Suisse. Mais aucune délégation de l’extrême droite helvétique n’a défilé ce 1er mai sous l’étendard de Jeanne d’Arc entre le Châtelet, la place des Pyramides, et la place de l’Opéra.

L’excellent score de Jean-Marie Le Pen au premier tour des élections présidentielles françaises a pourtant attiré plusieurs délégations étrangères.

A commencer par des Polonais qui annoncent clairement la couleur en tête du cortège, en clamant qu’ils soutiennent le leader d’extrême droite.

Des Belges veulent devenir Français

Un peu noyés au milieu des milliers d’étendards bleu-blanc-rouge, de jeunes militants nationalistes italiens, espagnols et portugais agitent frénétiquement leurs drapeaux nationaux. Et une délégation de «rattachistes belges» a également fait le voyage de Paris pour participer à cette fête dédiée à Jeanne d’Arc.

Les «rattachistes», ce sont des Wallons qui souhaitent l’éclatement de la Belgique. Et qui misent sur Jean-Marie Le Pen pour que leur province rejoigne la France.

Combien sont-ils à venir encourager le leader du Front national? 100 000 comme le proclame les organisateurs (contre 5000 l’année dernière)? Ou alors dix fois moins, selon les estimations de la police, venue en nombre afin d’éviter tout débordement?

«L’extrême droite, c’est hyper cool»

Certes, le cortège ne manque pas de gros bras musclés et de crânes rasés, d’anciens combattants nostalgiques des anciennes colonies françaises, d’intégristes catholiques brandissant des croix et des portraits de Le Pen.

Mais, à côté de cette clientèle traditionnelle de l’extrême droite tricolore, beaucoup de monsieur et madame Tout-le-monde, qui proclament, l’œil humide: «Je t’aime ma France».

Et, surtout, un grand nombre de jeunes, souriants et décontractés, qui n’hésitent pas à inscrire sur leurs badges: «L’extrême droite, c’est hyper cool». Un phénomène qui n’a pas encore passé la frontière suisse.

swissinfo, Ian Hamel à Paris

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