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Pascal Broulis: «Les Suisses de l’étranger sont nos meilleurs alliés pour créer des ponts»

Pascal Broulis
Pascal Broulis se réjouit que la contribution fédérale destinée à l'offre internationale de la SSR ait été sauvée par le Parlement. Katy Romy / SWI swissinfo.ch

Le conseiller aux États PLR Pascal Broulis estime que les Suisses de l’étranger sont de précieux relais internationaux pour un pays fondé sur l’exportation. Dans notre série «La Cinquième Suisse sous la Coupole», le Vaudois revient sur les raisons qui l’amènent à défendre activement cette communauté.

Le sénateur du Parti libéral-radical (PLR / droite) Pascal BroulisLien externe est un ténor de la politique suisse. Double national gréco-suisse, ce banquier de formation a été élu à 20 ans seulement au Conseil communal de Sainte-Croix. En 1990, il devient le plus jeune député du canton de Vaud. Il siège ensuite durant 15 ans au Conseil d’État vaudois, où il forme un tandem de choc avec le socialiste Pierre‑Yves Maillard. Élu à la Chambre haute en 2023, il s’engage notamment en faveur des Suisses de l’étranger.

Contrairement à la France ou à l’Italie, qui accordent des circonscriptions électorales à leurs citoyens expatriés, les Suisses de l’étranger ne disposent pas de représentation directe sous la Coupole fédérale. Cela ne signifie pas pour autant que leurs intérêts ne sont pas pris en compte. Plus de 60 députés et sénateurs (sur 246) sont membres de l’intergroupe parlementaire «Suisses de l’étranger»Lien externe. Chaque semaine de session, nous donnons la parole à l’un d’entre eux dans notre format «La Cinquième Suisse sous la Coupole».

Swissinfo: Quelle était votre priorité durant cette session?

Pascal Broulis: La priorité, c’était le programme d’allègement budgétaire 2027. Il était essentiel pour garantir une marge de manœuvre suffisante dans les finances fédérales. Ce paquet contenait plusieurs éléments importants pour les Suisses de l’étranger. L’une des mesures envisagées consistait à supprimer la contribution destinée à l’offre internationale de la SSR, qui englobe Swissinfo et tvsvizzera.it, ainsi que les partenariats avec 3sat et TV5Monde. Je me suis battu contre cette coupe au Conseil des États et mon engagement a porté ses fruits: les deux Chambres ont finalement décidé de rejeter cette mesure.

Au Conseil des États, vous vous êtes effectivement engagé contre la suppression du financement consacré au mandat de la SSR pour l’étranger. En revanche, vos collègues du PLR ont voté en bloc pour cette mesure au Conseil national. Pour quelles raisons?

Nous avons deux Chambres et, dans un premier temps, chaque Chambre fixe ses priorités. Finalement, cette mesure d’économie a été rejetée, après des discussions également au sein de mon groupe.

Il s’agissait d’un paquet, et un paquet contient toujours des éléments acceptables et d’autres qui doivent être discutés. Pour moi, il était important que nous puissions débattre des enjeux qui concernent la Suisse au-delà de ses frontières.

Comment voyez-vous la Suisse dans le monde en ce moment? 

C’est un petit pays, mais qui est doté d’une importante force de frappe. En réalité, nous ne sommes pas si petits que cela: notre économie est extrêmement solide. Nous disposons d’un savoir‑faire multiple, qu’il s’agisse de l’industrie, de la recherche, de la formation ou encore de la négociation. Ce sont des domaines dans lesquels notre pays est reconnu et respecté, et qu’il nous appartient de préserver. C’est aussi pour cette raison que je défends le multilatéralisme au lieu du repli ou d’autres formes émergentes de gouvernance mondiale.

Pourquoi vous engagez-vous pour l’électorat des Suisses à l’étranger?

Les Suisses de l’étranger sont des ambassadeurs de la Suisse vis-à-vis de leur communauté. Il est donc logique que nous défendions leurs intérêts, d’autant plus que la Suisse est un pays fortement tourné vers l’exportation. Les personnes établies à l’étranger sont nos meilleurs alliés pour créer des ponts, des passerelles, et renforcer les liens avec le reste du monde. Cela renforce aussi le savoir‑faire suisse en matière de diplomatie et de relations internationales.

Quels sont vos liens avec la communauté des Suisses de l’étranger? 

J’ai tissé des liens avec la communauté des Suisses de l’étranger lorsque je siégeais au Conseil d’État vaudois. Nous avions régulièrement des contacts avec des personnes établies à l’étranger qui demandaient des renseignements. Dans le canton de Vaud, nous avons aussi accueilli de nombreuses entreprises étrangères, ce qui a créé des relations fortes et durables avec des personnes venant du monde entier, y compris des Suisses installés hors du pays. Entretenir ce type de relations contribue aussi à préserver la paix: lorsque vous connaissez l’autre, il devient plus difficile de lui faire la guerre.

Quelles victoires ou défaites avez-vous pu obtenir en défendant les intérêts des Suisses de l’étranger?

Dans le programme d’allègement budgétaire, d’autres mesures concernaient également le maintien du lien avec la communauté des Suisses de l’étranger. Si la contribution allouée aux écoles suisses a été réduite de manière moins drastique que ce que prévoyait le Conseil fédérale, des restrictions restent de mise dans ce domaine. Ainsi, l’École suisse de Madrid a notamment quitté educationsuisse, l’organisation faîtière de ces établissements. Cela est regrettable, car ces écoles jouent un rôle essentiel dans la transmission des valeurs suisses dans le monde. Le Conseil fédéral voulait également réduire de 0,4 million de francs les fonds alloués à l’Organisation des Suisses de l’étranger. Cette mesure a finalement été rejetée par les deux Chambres.

Estimez-vous que les intérêts des Suisses de l’étranger sont assez représentés sous la Coupole?

Je pense qu’une attention particulière est accordée aux intérêts des Suisses de l’étranger. Il existe une véritable écoute, et les parlementaires suivent ces dossiers. Un exemple récent: dans le canton de Vaud, nous avons élargi les droits politiques des Suisses de l’étranger. Jusqu’ici, ils ne pouvaient participer qu’à l’élection du Conseil national, mais pas à celle du Conseil des États. Lors des prochaines élections fédérales, ils pourront élire les membres des deux Chambres.

Si vous deviez émigrer à l’étranger, où vous installeriez-vous? 

Je serais sans doute attiré par les grandes villes de la côte est ou de la côte ouest des États‑Unis. C’est une terre d’immigration, un pays où l’on accorde une grande importance à la liberté individuelle et à la possibilité de tracer sa propre voie. Des villes comme San Francisco ou New York me fascinent particulièrement: elles correspondent à la Suisse libérale, ouverte et multiculturelle.

Texte relu et vérifié par Samuel Jaberg

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