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Martin Candinas: «Nous avons une responsabilité envers les Suisses de l’étranger»

Martin Candinas, conseiller national du centre : « Nous avons besoin d'ouverture. »
Martin Candinas, conseiller national du centre: «Nous avons besoin d'ouverture.» Balz Rigendinger / Swissinfo

Le conseiller national du Centre Martin Candinas s’engage également au Parlement pour les intérêts des Suisses établis à l’étranger. Dans le cadre de notre série d’interviews «La Cinquième Suisse sous la Coupole», le Grison explique quelles sont ses motivations.

Né en 1980, Martin Candinas est originaire d’Ilanz (canton des Grisons) et représente ainsi aussi la Suisse romanche à Berne. Il a travaillé comme responsable d’agence d’une caisse-maladie, puis comme cadre.

Martin Candinas préside notamment le Service d’information pour les transports publics ainsi que la fondation pour la Garde suisse pontificale.

L’un des axes politiques du député grison est un service public fort. Père de trois enfants, il a été en première ligne contre l’initiative No Billag et contre l’initiative SSR, rejetée dimanche dernier.

Martin Candinas a présidé le Conseil national en 2023. En 2025, son nom a circulé comme possible candidat au Conseil fédéral, mais il n’est finalement pas entré en lice.

Contrairement à la France ou à l’Italie, qui accordent des circonscriptions électorales à leurs citoyens expatriés, les Suisses de l’étranger ne disposent pas de représentation directe sous la Coupole fédérale. Cela ne signifie pas pour autant que leurs intérêts ne sont pas pris en compte. Plus de 60 députés et sénateurs (sur 246) sont membres de l’intergroupe parlementaire «Suisses de l’étranger»Lien externeLien externe . Chaque semaine de session, nous donnons la parole à l’un d’entre eux dans notre nouveau format «La Cinquième Suisse sous la Coupole».

swissinfo.ch: Quel est pour vous le dossier le plus important de cette semaine de session?

Martin Candinas: En ce moment, la politique de transfert du trafic est en tête de mon agenda. Nous devons acheminer davantage de marchandises de la route vers le rail. En Suisse, on observe actuellement une tendance au retour sur la route. Des mesures correctives s’imposent.

Et si vous considérez l’ensemble de la session de printemps?

S’agissant des Suisses de l’étranger, le sujet le plus important a été sans aucun doute le programme d’allègement budgétaire: nous sommes parvenus à garantir les moyens essentiels pour les citoyennes et citoyens expatriés.

Votre parti, Le Centre, a voté de manière remarquablement unie au Conseil national contre une réduction du mandat international de la SSR. Comment l’expliquez-vous?

Le Centre sait que nous avons 830’000 Suisses de l’étranger, ce qui représente presque 10% du peuple suisse. En tant que parti qui entend maintenir la cohésion du pays, nous avons aussi une responsabilité envers cette communauté.

Mais le scrutin de dimanche a également été déterminant: le budget de la SSR n’a pas été divisé par deux – ce qui aurait aussi entraîné une réduction massive de l’offre de Swissinfo. La semaine a donc été très positive pour les Suisses de l’étranger.

Comment voyez-vous la Suisse dans le monde en ce moment?

Nous nous trouvons dans une situation très difficile. La Suisse peut jouer un rôle grâce à sa neutralité et à la Genève internationale, où de nombreuses organisations internationales sont établies.

La Suisse a intérêt à s’engager pour le dialogue, à offrir des plateformes et à faire en sorte que les parties en conflit se retrouvent autour d’une table.

La paix n’existe que dans le dialogue. C’est la force de la Suisse. Nous devons utiliser cet atout de manière ciblée. Cela peut nous apporter reconnaissance et considération dans le monde.

De quel type de neutralité parlez-vous?

Il existe bien sûr différentes interprétations de la politique de neutralité. L’initiative sur la neutralité n’est pas nécessaire, un contre-projet sera présenté. La Suisse s’en est toujours bien sortie lorsqu’elle a défini sa neutralité de manière souple, selon ce qu’elle jugeait juste. Nous pouvons donc imposer des sanctions, mais nous ne devons pas nous impliquer dans des conflits.

Il faut un pays qui ne prenne pas parti, mais qui offre une plateforme de dialogue. À mon sens, il n’est pas pertinent que la Suisse adopte une posture morale ou donneuse de leçons, comme la gauche le demande régulièrement. Si cela ne change rien que nous nous exprimions ou non, nous pouvons aussi nous abstenir. Il ne faut pas croire que le monde entier souhaite entendre notre opinion.

Pourquoi vous engagez-vous pour l’électorat des Suisses à l’étranger?

J’ai autrefois présidé le comité cantonal grison des Jeunes Suisses de l’étranger. À cette époque, je rendais régulièrement visite à de jeunes expatriés originaires de notre canton.

J’ai aussi la conviction personnelle que nous avons besoin d’ouverture, et je souhaite que les jeunes Suisses de l’étranger découvrent la Suisse et conservent un lien fort avec leur pays d’origine. Ils représentent une richesse sociale, économique et politique pour notre pays, et ils sont aussi des ambassadeurs de la Suisse.

Dans la période actuelle, il n’est pas inutile que des citoyennes et citoyens suisses agissent comme ambassadeurs, défendent nos intérêts et expliquent la Suisse à l’étranger. C’est aussi pour cela que je trouve le vote électronique important pour les Suisses de l’étranger.

Votre engagement pour la Cinquième Suisse a-t-il été marqué par des succès ou des échecs?

Non, ma tâche consistait alors surtout à récolter des fonds et entretenir des contacts. En tant que Grison, j’avais aussi intérêt à ce que les Suisses de l’étranger découvrent le canton, en tant que futurs hôtes potentiels. Il y avait donc aussi un peu de politique touristique là-dedans.

Quels liens entretenez-vous aujourd’hui avec la communauté suisse de l’étranger?

J’ai toujours cultivé ces contacts – pas dans mon entourage direct, mais dans ma fonction de président du Conseil national: au Brésil, à Singapour, au Vietnam, il y a toujours eu des échanges.

Au Brésil, j’ai par exemple pu constater à quel point les communautés suisses de l’étranger peuvent être différentes, par exemple entre celles de Belém, en Amazonie, et celles de São Paulo, centre économique.

Si vous deviez vous-même émigrer, quel pays choisiriez-vous?

Le Canada m’attirerait le plus, les Rocheuses dans la province d’Alberta. Mais je ne peux pas vraiment m’imaginer émigrer. J’aime tellement la Suisse, et après chaque voyage, je suis toujours très heureux de revenir — surtout aux Grisons.

Relu et vérifié par Samuel Jaberg

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