Présidence de la BNS: remous dans le landerneau politique
La non-élection de Bruno Gehrig à la présidence de la BNS a provoqué l´ire du président du PDC suisse Adalbert Durrer. Dans une interview publiée mercredi par la Berner Zeitung, il critique vertement le Conseiller fédéral Pascal Couchepin.
«Pascal Couchepin se comporte comme un politicien valaisan qui ne voit que l’ennemi démocrate-chrétien». Par ces mots, Adalbert Durrer réagissait à la défaite de Bruno Gehrig, candidat de son parti à la tête de la Banque nationale suisse (BNS). Le gouvernement lui a préféré le Valaisan Jean-Pierre Roth, proche des radicaux.
Et Adalbert Durrer de poursuivre que le chef de l’économie a tiré les ficelles en coulisse, et qu’il ferait mieux de se concentrer sur son propre département, car «sa gestion du dossier de l’Expo est désolante». Réplique, un brin ironique, de Pascal Couchepin: «je ne commente pas les déclarations d’une personne pour laquelle j’ai de l’estime et de l’amitié, mais qui visiblement est dans une période difficile de son existence».
Selon le démocrate-chrétien, les questions linguistiques ont plus pesé dans le choix du Conseil fédéral que les compétences des différents candidats. Il estime par ailleurs que la concordance ne fonctionne plus, et avertit que son parti sera désormais plus méfiant à l’égard des radicaux. Selon lui, son parti a soutenu le vice-président souhaité par les radicaux, sans rien obtenir en retour.
«Adalbert Durrer a un peu perdu sa contenance, commente le porte-parole des radicaux, Guido Schommer. Ce choix a été fait par le Conseil fédéral. Il n’y a eu aucun accord avec les démocrates-chrétiens».
L’UDC, lui, n’entre pas dans cette bataille. «Le résultat du vote du Conseil fédéral ne nous dérange pas, explique Ueli Maurer. La langue est un facteur dont il faut tenir compte dans notre pays». Et côté socialiste: «le parti démocrate-chrétien nous a fait comprendre que son partenaire fiable est le parti radical, commente Jean-François Steiert. Il a découvert un peu tard que la fiabilité du parti radical est très partielle.»
Sur le même sujet, les socialistes doivent essuyer les critiques de leur ancien président, Peter Bodenmann. «Le PS et le PDC ont la majorité au gouvernement, souligne le Valaisan. Or, le PS n’a rien reçu, et le PDC n’a pas eu ce qu’il voulait. Les deux partis n’ont pas réussi à se mettre d’accord, et ce n’est pas professionnel». Peter Bodenmann a participé à la polémique en s’exprimant, mercredi, dans le journal gratuit Metropol.
Caroline Zuercher
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