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Proche-Orient: l’aide humanitaire suisse en stand by

Dans le camp de Jénine, les secours tentent d'évacuer les survivants. Keystone

Depuis jeudi, deux experts humanitaires suisses sont à l'oeuvre dans le camp palestinien de Jenine. Berne répondra aux demandes d'urgence.

Alors que les forces armées israéliennes commencent à quitter le camp palestinien de Jenine, théâtre la semaine dernière de combats d’une extrême violence, deux experts du Corps suisse d’aide humanitaire (CSA) y ont été dépêchés d’urgence.

Jeudi matin, ils ont commencé à évaluer l’ampleur de ce qui semble être une véritable catastrophe humanitaire. C’est en tout cas l’avis de Terje Roed-Larsen, envoyé spécial de l’ONU, qui s’est aussi rendu sur place.

Comme un tremblement de terre

«C’est totalement détruit, comme s’il y avait eu un tremblement de terre», disait-il aux journalistes à l’issue de sa visite, avant d’ajouter: «c’est absolument inacceptable, c’est une horreur qui dépasse l’entendement.»

Catastrophe humanitaire, c’est aussi l’expression employée par l’UNRWA, l’Office de secours des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, qui s’apprête à diffuser dans la presse occidentale, sous forme d’encart publicitaire, un vaste appel de fonds pour ses opérations d’urgence.

La Suisse, qui compte parmi les douze plus importants donateurs de cette organisation, y avait déjà répondu sans tarder au début du mois. Berne avait alors fait savoir qu’elle débloquait immédiatement un million de francs qui s’ajoutent aux quelques neuf millions qu’elle verse chaque année.

L’autre partenaire privilégié de la Suisse pour son action humanitaire dans la région est bien évidemment le Comité international de la Croix-Rouge. C’est d’ailleurs à sa demande que le Corps suisse d’aide humanitaire a envoyé ses deux experts.

Accès à tout le camp de Jenine, enfin

Faudra-t-il envoyer des équipements spéciaux, voire des chiens, pour chercher les survivants et leur porter secours? «Nous attendons de connaître les premiers rapports de nos hommes avant d’engager toute autre forme d’intervention», explique Joachim Ahrens, porte-parole du CSA.

L’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien auraient-ils sollicité l’aide de la Suisse? Non, répond Joachim Ahrens qui rappelle que la coopération suisse dispose à Jérusalem d’un bureau de coordination chargé d’assurer les contacts avec les autorités nationales et locales.

Dans le camp de Jenine, quatre jours après leur entrée, les délégués du CICR ont enfin accès à la totalité du site.

Leur préoccupation première va aux survivants: une clinique mobile est sur place, une dizaine de blessés ont pu être évacués, le ravitaillement en eau a pu être organisé, la recherche des disparus a pu commencer.

Le CICR ne peut cependant ni confirmer ni infirmer les informations sur des appels aux secours de personnes enfouies sous des décombres. Mais il dit avoir rappelé aux autorités israéliennes qu’il est aussi de leur responsabilité que de tout entreprendre pour sauver des vies humaines.

La Chaîne du Bonheur prête à soutenir des projets

S’il a fait tout de même appel à l’aide extérieure, notamment à celle de la Suisse, nous dit Vincent Lusser, porte-parole de l’organisation, «c’est parce qu’il nous fallait des équipes spécialisées dans des interventions humanitaires de ce type et dans ce genre de zones à risques.

Qu’en est-il de l’aide privée suisse? Du côté de la Chaîne du Bonheur, le «bras humanitaire» de la Société suisse de radiodiffusion et télévision qui travaille avec une trentaine d’organisations suisses d’entraide, on dit avoir bien des difficultés à suivre ce qui se passe sur le terrain.

Dans un premier temps, et dès que les besoins seront mieux connus, la Chaîne pourra agir, non pas directement (elle n’en a pas les moyens et ce n’est pas son rôle) mais en soutenant financièrement les projets concrets que pourraient lui soumettre ceux de ses partenaires actifs sur place.

La Chaîne du Bonheur dispose pour cela d’un fonds d’urgence qui lui permet d’intervenir immédiatement. Le cas échéant, en fera-t-elle davantage? Songe-t-elle par exemple à lancer une campagne nationale comme elle le fait lors de grandes catastrophes?

«Nous en avons discuté en direction, répond Roland Jeanneret, porte-parole de la Chaîne. Au cas où nous nous lancerions un appel de cette envergure, nous le ferions pour les victimes des conflits du Proche-Orient, et pas seulement pour la Palestine.»

Faire la preuve que l’avenir existe

L’EPER, œuvre d’entraide des Eglises protestantes de Suisse, est l’une des organisations partenaires de la Chaîne du Bonheur. Depuis plusieurs années, elle soutient et coordonne des programmes d’éducation populaire au Proche-Orient.

Il y a quelques mois, elle a décidé d’élargir son champ d’action aux réfugiés palestiniens. Elle a noué sur place de nombreux contacts, elle a identifié ses partenaires potentiels et semblait donc prête à se lancer dans l’action.

Qu’en est-il au vu de la situation de catastrophe qui prévaut en Palestine? La chose qui a changé ces derniers jours, nous dit Katia Delay-Groulx, chargée de programmes pour le Moyen-Orient, «c’est notre vitesse d’action, nous allons devoir sans doute accélérer les procédures».

«Les difficultés ne datent pas d’aujourd’hui, ajoute-t-elle, mais si on attend d’avoir le champ complètement libre, on attendra encore longtemps. Nous voulons donner aux populations de cette région un signal clair que l’avenir existe. Il faut répondre à l’urgence mais aussi préparer déjà le développement social à plus long terme.»

swissinfo/Bernard Weissbrodt

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SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

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