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Thomas Borer claque la porte

L'étincelant couple Borer-Fielding refuse de quitter l'Allemagne pour le traintrain bernois. Keystone

L'ancien ambassadeur de Suisse à Berlin Thomas Borer quitte la diplomatie pour rejoindre l'économie privée. Son patron Joseph Deiss mets les points sur les i.

«Après mûre réflexion et à regret», Thomas Borer a estimé que, dans les circonstances actuelles, il ne pouvait pas rester au service du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), même à d’autres fonctions, a souligné le diplomate de 45 ans dans une déclaration écrite diffusée ce week-end.

«Manque de soutien»

Le diplomate regrette «le manque de soutien et de loyauté de son département», à la suite de la campagne de presse «diffamatoire de la presse suisse de boulevard».

Thomas Borer indique regretter «profondément» de ne plus pouvoir représenter la Suisse en Allemagne. Le diplomate ajoute avoir pris sa décision de quitter le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) après «une longue réflexion».

Le Conseil fédéral avait décidé le 10 avril de rappeler Thomas Borer à Berne, considérant qu’il ne pouvait plus poursuivre sa mission «de manière efficace», «digne» et avec «sérénité», après l’affaire de relation extra-conjugale présumée, dont le «SonntagsBlick» s’était fait l’écho.

Réaction du DFAE

«Les reproches de Thomas Borer sont inacceptables», a déclaré, dimanche, Joseph Deiss, le chef du Département fédéral des affaires étrangères. «Bien que M. Borer m’ait caché la vérité sur des points essentiels, je lui ai exprimé publiquement ma confiance».

Et le chef de la diplomatie helvétique de poursuivre: «Bien que saisi de directives précises, M. Borer ne s’y est pas tenu. Et bien que la collaboration avec M. Borer était ainsi perturbée, je lui ai proposé une solution favorable. Mais il n’en a pas voulu».

Et Joseph Deiss d’ajouter: «Par son comportement, Thomas Borer a démontré qu’il n’était pas loyal, ni à mon égard, ni envers le Département (DFAE, ni envers le Conseil fédéral».

Rebondir en Allemagne

Thomas Borer et son épouse Shawne Fielding entendent emménager à la villa Kampffmeyer à Potsdam, non loin de Berlin, et continuer à soigner les contacts de leur réseau politique, économique et culturel.

Thomas Borer entend entamer des activités stratégiques s’étendant à l’Allemagne, la Suisse et les Etats-Unis. Dans une interview publiée par le journal allemand Bild am Sonntag, il a précisé qu’il allait devenir consultant.

Shawne Fielding, elle, souhaite avant tout poursuivre ses activités de bienfaisance en tant qu’ambassadrice de SOS Villages d’Enfants et continuer à s’engager en faveur d’Expo.02.

Dans sa lettre, Thomas Borer en profite également pour remercier les «milliers» de Suisses qui ont exprimé leur soutien durant un mois d’avril «difficile».

Connus pour leurs apparitions glamoureuses, M. Borer et Mme Fielding étaient devenus des stars médiatiques dans la capitale allemande. Un style qui avait déjà entraîné plusieurs fois des remises à l’ordre de Berne.

Brillante carrière

Le retrait de Thomas Borer du DFAE, où il est entré en 1987, interrompt une brillante carrière diplomatique. L’ambassadeur, qui est né en juillet 1957 à Bâle, s’est notamment distingué dans la défense des intérêts helvétiques dans l’affaire des fonds en déshérence dans la seconde partie des années 90.

Le Conseil fédéral l’avait nommé au poste très convoité d’ambassadeur à Berlin en mars 1999. Une ascension rapide qui n’était pas du goût de tout le monde au sein du DFAE, selon les observateurs. L’Uranais Werner Baumann, 55 ans, doit lui succéder.

swissinfo avec les agences

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