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Procès de la rixe entre Bandidos et Hells Angels à Genève

Procès de la bagarre entre les Bandidos et les Hells Angels à Genève
Une bagarre et une fusillade entre gangs de motards ont éclaté dans un café de Genève en mai 2022. Keystone-SDA

La fusillade de mai 2022 entre motards rivaux des Bandidos et des Hells Angels dans un café de Plainpalais à Genève se retrouve devant la justice. Depuis lundi, quatre prévenus sont sur le banc des accusés devant un Tribunal criminel sous sécurité renforcée.

(Keystone-ATS) Parmi ces protagonistes, deux sont notamment jugés pour tentative de meurtre et mise en danger de la vie d’autrui. Les deux autres ont participé à la rixe dans cet établissement public de la rue de l’Ecole-de-Médecine, sans être à l’origine des coups de feu échangés.

Côte à côte, les quatre hommes, crânes rasés et vêtus de noir pour la plupart d’entre eux, ne se sont adressé que peu de regards. En toile de fond du procès figurent les tensions entre les deux clubs au moment de l’arrivée des Bandidos sur le territoire genevois. Une lutte générationnelle qui se reflète dans les âges des prévenus, 53 et 64 ans pour les Hells Angels et deux trentenaires bardés de tatouages pour leurs rivaux.

Premier à entrer dans le bar en 2022, un Hells Angels, blessé à un testicule ce soir-là, a dit vouloir aller «à la rencontre» des deux Bandidos qui s’y trouvaient. Il évoque des tentatives de dialogue par personnes interposées dans la période qui avait précédé, qui avaient échoué par la faute de l’autre club, selon lui.

Seulement pour «mettre des claques»

En entrant dans le bar, il se fait sprayer par l’un des Bandidos, avant d’être ciblé par le second par arme à feu à deux reprises. Son camarade Hells Angels, qui se trouvait derrière lui, a riposté avec un revolver également.

Devant le juge, il a nié avoir eu l’intention de tuer mais seulement de «mettre des claques» en cas de problème. Et d’ajouter n’avoir sorti son arme qu’après les deux tirs du Bandido, ayant «peur pour sa vie» et visant des poutres. «Vous avez votre famille naturelle, la famille de sang. Le club, c’est la famille que vous choisissez», affirme celui qui a été blessé pour expliquer la réaction de son ami.

Du côté des Bandidos, l’homme à l’origine du coup de spray affirme avoir ressenti une menace dans l'»entrée agressive» des Hells Angels dans le bar. Il ajoute ne pas avoir eu connaissance d’une sortie qui lui aurait permis d’éviter l’affrontement. Son acolyte qui fait feu en premier n’avait pas été entendu à la mi-journée.

Toisements entre les audiences

Outre l’affaire de l’Ecole-de-Médecine, l’un des prévenus doit notamment répondre de meurtre pour des coups de couteau assénés en 2019 dans une affaire de drogue à Annemasse (F). Il s’était livré en Suisse et la France ne s’était pas opposée à son procès à Genève. Il est également sous le coup d’une plainte de la conseillère administrative de la Ville de Genève Marie Barbey-Chappuis pour tentative de violence ou menace contre les autorités.

Le Tribunal criminel est saisi par le Parquet quand celui-ci prévoit de requérir des peines supérieures à 10 ans de prison. Après les incidents lors d’un procès en première instance entre les deux clans à Berne en 2022, la sécurité n’a pas été laissée au hasard. Un dispositif de surveillance renforcé a été établi.

Pendant la suspension d’audience, pas un mot mais des regards qui se toisent entre les deux groupes de motards, tenus à distance par de nombreux policiers. Pourtant, les deux prévenus des Hells Angels l’affirment, ils ne voient aujourd’hui plus de problème de cohabitation à l’avenir à Genève.

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