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Raye souffle avec brio et maestria sur les 60 bougies du MJF

Keystone-SDA

La chanteuse britannique Raye a joyeusement ouvert les feux du 60e Montreux Jazz Festival (MJF) vendredi soir. Pour fêter cet anniversaire, elle a soufflé avec panache et charisme sur un show unique et sur mesure, invitant sur scène Alicia Keys et Mark Ronson.

(Keystone-ATS) Présente pour la troisième fois de suite sur la Riviera, Raye, de son vrai nom Rachel Agatha Keen, a parfaitement orchestré un concert spécial de deux heures et quart, à guichets fermés. La star londonienne est arrivée sur scène à 21h00, accompagnée d’un orchestre symphonique jazzy de 19 musiciens et deux choristes.

La salle de l’Auditorium Stravinski avait été métamorphosée pour l’occasion avec une scène circulaire au centre et le public debout ou assis tout autour. A intervalle régulier, elle tournait très lentement à 360 degrés. Huit larges rideaux relevés à l’apparition de Raye ont permis de projeter des vidéos live du concert.

Rayonnante Raye

Rayonnante, étincelante, souriante et extrêmement bavarde, parfois mélancolique aussi, en connexion permanente avec le public, Raye avait obtenu carte blanche pour célébrer six décennies de musique jazz, soul, blues et pop. Elle a proposé 22 titres, mêlant à la fois ses meilleurs hits entre jazz et R&B, des duos inédits avec ses deux invités de marque et des classiques revisités.

Un des temps forts de la soirée aura certainement été l’arrivée surprise de la star américaine Alicia Keys, accueillie par un public en délire. Elle a d’abord chanté en solo son tube «If I Ain’t Got You» au piano, puis en duo, à genoux au bord de la scène, le tube de Raye «Oscar Winning Tears». Avant elle, c’est le chanteur, guitariste et producteur anglais Mark Ronson qui avait fait une apparition surprise pour deux chansons («Uptown Funk» et «Suzanne»).

Hommage aux légendes

Mais Raye a aussi offert un magnifique répertoire qui rendait hommage à des légendes qui se sont produites à Montreux. Elle a réinterprété «Sex Machine» de James Brown, «Georgia» de Ray Charles, «Summertime» d’Ella Fitzgerald, «Purple Rain» de Prince et «Let’s Stay Together» d’Al Green. Des images d’archives défilaient dans le même temps sur les rideaux relevés sur le haut de la scène.

Souvent très émue dans sa communion avec le public, Raye a passé beaucoup de temps à interagir avec lui, à raconter l’historique de certaines chansons, à digresser sur l’amour, l’amitié, les sentiments et les relations humaines. Elle a rendu un hommage poignant à son grand-père suisse décédé en début d’année, en lui dédiant une chanson («Goodbye Henry»), en larmes.

Raye a terminé son concert en invitant ses deux petites soeurs Amma et Absolutely pour deux dernières chansons, dont son hit «Wher is My Husband». Sur scène, toute son équipe musicale s’est mise à danser.

Une évidence à l’écouter et à la regarder durant plus de deux heures: Raye prouve une fois de plus qu’elle est l’une des plus grandes chanteuses anglaises actuelles. C’est elle qui détient toujours le record de six récompenses aux Brit Awards, en 2024, l’équivalent des Victoires de la musique au Royaume-Uni, dont les prix du meilleur album, meilleure artiste et chanson de l’année.

«Liberté artistique»

En marge du concert d’ouverture, le directeur du MJF Mathieu Jaton expliquait que «Raye s’était imposée comme une évidence». «Elle représente en quelque sorte qui nous sommes, soit des univers différents, jazz, soul, blues, pop et hip-hop, s’appuyant sur le patrimoine du MJF tout en incarnant son futur», résumait-il.

«Avec cette carte blanche pour la soirée d’ouverture, nous voulions privilégier ces touches de liberté et d’expression artistiques en lieu et place de grandes autocongratulations pour marquer ce 60e anniversaire», expliquait-il aussi. «C’est également une manière de célébrer l’amitié et les relations humaines dans un milieu musical souvent trop formaté et commercial», défendait-il.

Au Lab, c’est le chanteur-rappeur Eddy de Pretto qui a ouvert les feux de cette 60e édition avec la création «Lonely Club», mêlant musique et danse contemporaine en collaboration avec la chorégraphe Maud Le Pladec.

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