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RDC: reddition plus de 150 rebelles hutus rwandais dans l’est

(Keystone-ATS) Cent-cinquante cinq rebelles hutu rwandais se sont rendus et ont déposé les armes dimanche au Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette reddition intervient à une semaine de l’expiration d’un ultimatum de la communauté internationale intimant à tous ces combattants de remettre leurs armes.

Quatre-vingt-trois combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) se sont rendus avec 38 dépendants (femmes et enfants) dans la localité de Buleusa, en territoire de Walikale, a déclaré Feller Lutaichirwa, vice-gouverneur du Nord-Kivu.

Dix-sept autres combattants étaient encore «en route», car ils devaient accompagner d’autres «dépendants» à Buleusa, a-t-il précisé. M. Lutaichirwa revenait tout juste de la localité située à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Les 83 combattants qu’il a vus étaient «tous en tenue civile». Ils ont remis «37 armes, dont 4 armes lourdes», a-t-il précisé.

Enfin 72 rebelles avec 168 femmes et enfants se sont aussi rendus à Burhinyi, une localité du territoire de Mwenga située à environ 80 kilomètres de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, selon un membre de la Société civile (organisation qui regroupe des associations, ONG et syndicats) qui a assisté à la reddition.

Plus tard, les ex-rebelles des deux Kivus devaient être transférés vers Kisangani, capitale de la province Orientale (nord-est), où sont cantonnés d’autres membres des FDLR ayant déposé les armes.

Processus au point mort

Les effectifs des FDLR tournent autour de 1500 à 2000 combattants, selon des estimations. Certains de leurs membres et dirigeants sont accusés d’avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda.

Le 18 avril, les FDLR avaient annoncé vouloir se séparer d'»ex-combattants importants» afin de «se consacrer à la lutte politique» au Rwanda. Kigali refuse tout dialogue avec la rébellion.

Le 30 mai, 97 membres des FDLR s’étaient rendus dans le Nord-Kivu, donnant le coup d’envoi d’un processus de démobilisation de ce groupe armé. Le 9 juin, 83 autres combattants s’étaient rendus dans le Sud-Kivu. Depuis, le processus était au point mort.

Accusées d’exactions

La communauté internationale, dont les Etats de la région, avait donné aux FDLR jusqu’au 2 janvier pour se rendre. Sans quoi elles s’exposeraient à des attaques de l’armée congolaise et des Casques bleus de la Mission de l’ONU (MONUSCO).

Opposées au régime tutsi du président Paul Kagame, au pouvoir à Kigali depuis la fin du génocide, les FDLR sont particulièrement actives dans les Kivus. Elles sont accusées de commettre de graves exactions contre les civils (viols, meurtres, pillages, enrôlements d’enfants-soldats, etc…).

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