Retraités vaudois: une aide inédite pour adapter les logements
Depuis juillet, le canton de Vaud propose une nouvelle aide financière aux seniors pour qu'ils puissent aménager leur logement. Ce montant peut atteindre 3000 francs par personne et contribuer, parmi d'autres mesures, à rester dans son domicile.
(Keystone-ATS) Cette enveloppe ne finance évidemment que des petits travaux, mais ceux-ci peuvent déjà «changer la vie», relève Marc Favez, responsable Habitat et travail social communautaire chez Pro Senectute Vaud. Il cite l’exemple d’une personne qui, par la simple pose d’une main courante, a pu à nouveau sortir seule de chez elle.
La salle de bain est souvent «prioritaire» lorsqu’il faut faire des aménagements, note Marc Favez, interrogé par Keystone-ATS. En tête de liste, il mentionne l’installation d’un portique pour accéder à la baignoire. Une barre d’appui, un siège mural de douche ou encore un revêtement de sol antidérapant sont aussi conseillés.
Après la salle de bain, la cuisine doit souvent être repensée. Marc Favez préconise notamment le remplacement des placards du bas par des tiroirs, ou la pose d’étagères escamotables sur les meubles hauts.
Le spécialiste estime que de nombreux petits travaux sont possibles, partout dans un logement. Et de citer encore en exemple l’aplanissement des seuils ou le déplacement de boutons-interrupteurs.
Pour tout le monde
Ce financement prévu par l’Etat de Vaud, unique en Suisse romande, s’adresse «à tout le monde», souligne Marc Favez. Le Grand Conseil a en effet décidé que l’octroi des 3000 francs – 6000 francs pour un couple – ne devait pas être soumis à des conditions de revenus ou de fortune, ce que le projet de loi soumis prévoyait initialement.
Cette aide s’adresse ainsi à toute personne bénéficiant d’une rente AVS ou d’une rente de vieillesse étrangère, qu’elle soit locataire ou propriétaire. A noter que la visite d’un ergothérapeute est impérative pour attester de la pertinence des travaux. Et qu’en cas de location, le propriétaire doit donner son accord.
Le budget pour cette nouvelle aide cantonale se monte à 1,5 million de francs en 2026, mais il est prévu qu’il augmente progressivement jusqu’en 2028.
Créer du lien social
Ce soutien s’inscrit dans une approche plus large visant à retarder l’entrée en EMS. Dans cette optique, Marc Favez souligne l’importance que les acteurs principaux du domaine immobilier aient une stratégie pour l’adaptation de leur parc immobilier aux seniors, à l’exemple de ce que fait Retraites Populaires en collaboration avec Pro Senectute Vaud.
Le canton s’efforce aussi depuis plusieurs années, en collaboration avec les communes, d’augmenter le nombre de logements adaptés avec accompagnement (anciennement appartements protégés), via notamment des partenariats publics-privés.
Mais attention, «agir sur le bâti n’est pas suffisant, il faut aussi veiller à créer et maintenir du lien social», prévient Marc Favez. Cela passe, par exemple, par l’organisation de rencontres ou la mise à disposition de locaux communautaires. Plus une personne est entourée, plus elle se portera bien, et plus elle pourra rester longtemps dans son logement. «Cela crée une dynamique vertueuse», note le spécialiste.
Par rapport à une entrée en EMS, vieillir chez soi permet de réaliser d’importantes économies pour la communauté. Cela correspond surtout au désir de la population. Quand il s’agit d’imaginer un lieu pour ses vieux jours, «personne ne coche la case EMS», affirme Marc Favez. Les gens veulent rester «chez eux, ou au moins dans leur quartier ou village», ajoute-t-il.