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Salvador: Amnesty International dénonce la violence du régime

Keystone-SDA

Des centaines de personnes sont mortes en prison et plus de 90'000 ont été arrêtées arbitrairement sous le régime d'exception qui soutient la guerre contre les gangs au Salvador, a dénoncé mercredi Amnesty International (AI), évoquant des "crimes contre l'humanité".

(Keystone-ATS) Le président Nayib Bukele, qui brigue un troisième mandat de six ans lors des élections en février prochain, gouverne avec de larges pouvoirs et une loi qui depuis 2022 permet des arrestations sans ordre d’un juge.

Selon un rapport d’AI intitulé «La sécurité sans droits», sous ce régime, «au moins 470 décès dans des centres de détention» ont été documentés jusqu’en décembre dernier.

«Dans plusieurs cas, des blessures incompatibles avec les causes officielles de décès ou des signes de violence physique et de négligence médicale ont été relevés», a ajouté l’ONG.

D’après Amnesty, la plupart des personnes décédées n’avaient même pas été condamnées.

«Aucune de ces morts n’a donné lieu à une enquête» pour identifier les responsables, a déclaré Ana Piquer, directrice régionale d’AI, lors de la présentation en ligne du rapport.

«Des mères ont parcouru les prisons pendant des semaines sans savoir où se trouvaient leurs enfants, des personnes détenues sans connaître les raisons (…), des familles ont reçu le corps sans vie d’un proche sans explication convaincante sur sa mort», a-t-elle ajouté.

Les détentions massives, les dénonciations systématiques de torture, les disparitions forcées et les décès sous la garde de l’État «ne peuvent pas être considérés comme des incidents isolés, mais comme faisant partie d’un schéma d’abus qui, par son ampleur et son organisation, pourrait constituer des crimes contre l’humanité», souligne encore le rapport.

Cette dénonciation rejoint celle d’un groupe de juristes internationaux qui, en mars dernier, a également accusé le gouvernement de M. Bukele de graves violations des droits humains, tortures et disparitions, pouvant constituer des crimes contre l’humanité.

La guerre de Nayib Bukele contre les gangs a réduit la violence à des niveaux historiquement bas au Salvador et a fait du dirigeant de droite l’un des plus populaires d’Amérique latine. Mais sa stratégie, dont le symbole est une méga-prison pour membres de gangs, est aussi critiquée pour la concentration de tous les pouvoirs.

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