Après Monterrey, la Suisse aborde Johannesburg
Prochain rendez-vous après le Sommet de Monterrey: la Conférence sur le développement durable à Johannesburg. Joseph Deiss est confiant.
La Conférence des Nations Unies sur le financement du développement a culminé avec la signature du Consensus de Monterrey. Ce document établit les grands principes qui devraient permettre de financer le développement des pays du tiers monde dans le but de réduire la pauvreté.
L’une des principales contributions de la Suisse a porté sur un domaine où elle considère avoir une «valeur ajoutée» à offrir: la collaboration plus étroite entre le secteur public, traditionnellement engagé dans l’aide au développement, et le secteur privé que le gouvernement voudrait motiver davantage.
Cette Conférence a constitué une étape cruciale sur le chemin de Johannesburg, où seront lancées à la fin août les bases d’un développement durable. Mais encore faudra-t-il que l’accord de Monterrey soit mis en œuvre. A cet égard, le chef du Département fédéral des affaires étrangères Joseph Deiss est plutôt optimiste.
swissinfo: Dans quelle mesure les entreprises suisses participent-elles au développement?
Joseph Deiss: On constate que les entreprises, de plus en plus, se rendent compte qu’elles ne peuvent pas s’intéresser uniquement dans un esprit étroit à leurs activités, mais que leur succès dépend aussi du bien-être des pays du tiers monde. Par conséquent, de plus en plus d’entreprises participent, à un titre ou à un autre, à des programmes de développement.
Les résultats du Sommet de Monterrey sont-ils de bonne augure pour la Conférence de Johannesburg sur le développement durable
J.D.: «Je suis très confiant, alors qu’il y a quelques semaines encore, on était plutôt pessimiste», non seulement dans les milieux des ONG mais aussi officiels, pensant que le débat risquait d’être bloqué au niveau du financement, qui est une étape sur le chemin de Johannesburg.
Quels sont les éléments qui vous incitent à être désormais optimiste?
J.D.: Ces dernières semaines, des évolutions importantes ont eu lieu, notamment du côté des Etats-Unis qui, pour la première fois depuis dix ans, ont annoncé des augmentations. On peut discuter sur l’importance suffisante ou pas du geste. Mais enfin, c’est un revirement important. L’Union européenne est maintenant prête à développer son aide sur un plan plus large. Donc on peut parler d’un certain esprit nouveau qui permet de regarder l’avenir avec plus de confiance.
Quels sont les buts de la Conférence de Johannesburg ?
J.D.: Johannesburg devra mettre en place ce que l’on veut comme nouvelle philosophie du développement durable. Les pays du tiers monde seront de véritables partenaires. On ne veut plus d’une aide au développement qui soit didactique – c’est-à-dire qu’il y a un enseignant et un élève – mais on veut des pays en développement qui soient maîtres de leurs programmes et qui appliquent l’aide en partenariat avec les pays industrialisés.
swissinfo/Patrick John Buffe
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