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Décharge de Bonfol: une réelle menace pour l’environnement

Dans le Jura, le site de Bonfol est bel et bien pollué. Selon les résultats intermédiaires des analyses des eaux du canton, la contamination dépasse largement les normes légalement admises. Le gouvernement jurassien exige un assainissement rapide.

Dans le Jura, le site de Bonfol (photo d’archive) est bel et bien pollué. Selon les résultats intermédiaires des analyses des eaux du canton, la contamination dépasse largement les normes légalement admises. Le gouvernement jurassien exige un assainissement rapide.

Bonfol, ce sont des milliers de fûts métalliques et de boues renfermant des produits chimiques en tout genre. Déversés entre 1961 et 1976, ces substances toxiques proviennent essentiellement de la chimie bâloise.

En janvier dernier, soutenu par la Confédération, le gouvernement jurassien a décidé de se débarrasser des 114 000 tonnes de déchets entreposés sur son territoire. Et, fort de la nouvelle ordonnance fédérale sur les sites contaminés qui s’appuie sur le principe du pollueur-payeur, il a décidé de faire passer l’industrie chimique bâloise à la caisse. Devis de l’opération: 200 millions de francs.

Mais, à l’époque, les sept entreprises concernées, dont Novartis, Ciba, Clariant et Hoffman-La Roche, ont fait la sourde oreille. Désigné par la chimie bâloise pour superviser la gestion de la décharge de Bonfol, Rolf Bentz affirmait que le site était surveillé et qu’il n’y avait pas de raison de craindre une pollution.

Pour autant, le canton du Jura a procédé à une analyse des eaux dans le secteur. Il a, par ailleurs, mandaté un groupe de travail pour définir le statut juridique de la décharge en question et proposer un projet d’assainissement du site.

N’en déplaise à la chimie bâloise, les résultats intermédiaires, dévoilés ce mercredi, attestent que le site n’est plus seulement à surveiller mais bel et bien a décontaminer rapidement.

Les analyses effectuées par le chimiste cantonal jurassien ne font état d’aucune pollution de l’eau consommée par la population. En revanche, elles démontrent déjà la présence de substances toxiques dans certaines rivières et sources non exploitées. Les eaux qui sortent de la décharge ne sont pas suffisamment épurées et leur toxicité dépasse donc largement les normes admissibles.

Fort de ce constat, le gouvernement jurassien vient de demander à l’industrie bâloise de procéder à une remise en état immédiate de la station d’épuration des eaux (STEP).

«La situation n’est pas nouvelle, rétorque Rolf Bentz. La STEP traite aussi les eaux de la décharge d’ordures ménagères de Bonfol dont les variations en charges polluantes posent problème. En 1999, ajoute le représentant de la chimie bâloise, d’entente avec les responsables jurassiens de l’environnement, nous avons décidé de suspendre la dernière étape du traitement des eaux en attendant que cette décharge communale soit couverte. Or, à ce jour, rien n’a été fait. Nous allons tout de même chercher des solutions avec les autorités jurassiennes pour améliorer le fonctionnement de la station».

En attendant, selon le groupe de travail mandaté par le canton du Jura, le front de contamination ne cesse de progresser. «Les substances présentes dans la décharge s’écoulent à l’extérieur et touchent déjà les marnes de Bonfol, c’est-à-dire, le sous-sol où est creusée la décharge, affirme Walter Wildi, président du groupe de travail. Et, à plus ou moins long terme, elles menacent les eaux souterraines».

Du côté jurassien, on est donc convaincu qu’il faut agir rapidement. «La législation fédérale en vigueur en matière de sites contaminés s’applique bien à la décharge industrielle de Bonfol, renchérit le président du gouvernement jurassien, Pierre Kohler. Nous exigeons donc un rapide assainissement du site».

La chimie bâloise, elle, campe sur ses positions. Même si elle admet ne pas avoir pris connaissance des dernières analyses des eaux. «Le confinement, tel que nous l’avons pratiqué sur le site de Bonfol, est conforme à la législation en vigueur, affirme Rolf Bentz. Les seules traces de pollution enregistrées sont dues au mauvais traitement des eaux».

Le débat est donc loin d’être clos. Les représentants de la chimie bâloise, du gouvernement jurassien et de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage devraient se rencontrer prochainement.

Mais le gouvernement jurassien menace déjà. «Si une solution à l’amiable n’est pas envisageable, nous devrons publier un arrêté exigeant la décontamination du site, conclut Pierre Kohler».

Vanda Janka

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