Des chercheurs localisent les neurones du sommeil
C’est une première scientifique: des chercheurs suisses et français ont identifié les cellules nerveuses responsables de l’endormissement. Une découverte qui permettra, un jour peut-être, de comprendre pourquoi l’humain a besoin de sommeil.
C’est une première scientifique: des chercheurs suisses et français ont identifié les cellules nerveuses responsables de l’endormissement. Une découverte d’importance qui permettra, un jour peut-être, de comprendre pourquoi l’humain a besoin de sommeil.
Personne n’en doutait plus. A l’instar de bon nombre d’autres activités physiologiques, le sommeil est un mécanisme géré par le cerveau. Depuis une vingtaine d’années, les scientifiques s’acharnent à identifier les zones cérébrales qui influencent les processus de l’état de veille et de l’endormissement. Mais jamais, jusqu’ici, une équipe de scientifiques n’avait pu identifier le rôle et l’emplacement de cellules nerveuses plus directement impliquées dans le sommeil.
C’est désormais chose faite. Du moins, si l’on en croit les résultats des travaux réalisés par des chercheurs de l’Université de Genève, en collaboration avec des Français. Résultats publiés, jeudi, dans la très renommée revue «Nature».
L’objet de leurs recherches se situe dans une toute petite zone qui se situe à la base du cerveau. Il s’agit, en l’occurrence, d’un ensemble de cellules nerveuses dont la forme triangulaire se distingue totalement des autres neurones environnants et dont l’activité électrique présente des caractéristiques très surprenantes.
En effet, l’activité de ces cellules nerveuses est interrompue par l’influence de certaines substances. Celles-là même qui, libérées par les neurones des centres d’éveil, se chargent généralement de maintenir l’ensemble du système nerveux central en fonction.
Par ailleurs, ces neurones du sommeil ont des prolongements cellulaires en direction des centres d’éveil et ils libèrent, pour leur part, des neurotransmetteurs inhibiteurs, autrement dit apaisants.
Tout porte donc à croire que les neurones du sommeil et ceux de l’éveil travaillent tout à tour et s’influencent l’un l’autre. «Pendant la période d’activité, les systèmes d’éveil maintiennent sous contrôle les systèmes du sommeil et vice-versa», constate le professeur Michel Mühlethaler, coordinateur de la recherche. «On se trouve donc face à un équilibre créé par deux pôles qui ont la faculté de s’inhiber mutuellement».
Ces recherches vont certainement faire progresser la connaissance des mécanismes sur le sommeil. Elles devraient, à terme, déboucher aussi sur le développement de somnifères qui agiront spécifiquement sur ces cellules du sommeil.
En revanche, l’étude des cellules du sommeil ne permet toujours pas de décrypter le grand mystère. A savoir, pourquoi nous éprouvons le besoin de dormir. Un terrain sur lequel les scientifiques se perdent encore en conjectures.
A noter, enfin, que ces travaux sur les cellules du sommeil ont été réalisés, en éprouvettes, sur des coupes de cerveau de rat. Une approche généralement utilisée pour ce type de recherche.
Il y a donc fort à parier que les observations sur le cerveau humain déboucheront sur des conclusions similaires.
Vanda Janka
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