L’Europe veut des cigarettes chères
Elle montre en exemple la Grande-Bretagne et la Suède. Où la hausse des prix du tabac a entraîné une baisse de la consommation.
Dans l’Union européenne, le tabac cause la mort de plus de 500 000 personnes chaque année. La majorité des adolescents européens ont fumé. Davantage de filles que de garçons.
Face à cette situation alarmante, la Commission européenne a décidé de partir en guerre contre le tabac. Elle a mis au point un dispositif global de prévention. Qui comprend des mesures réglementant la teneur en nicotine des cigarettes, l’étiquetage, l’interdiction de la publicité.
Et aussi l’harmonisation des taxes sur le tabac. «La taxation est un élément important d’une politique visant à réduire la consommation de tabac», explique la Commission dans son rapport.
Constatant l’existence de grandes disparités des prix des cigarettes parmi les pays membres de l’UE, l’Exécutif européen propose d’harmoniser les taxes en les renforçant. Ainsi, il prévoit d’ajouter à la règle des 57% d’incidence sur le prix à la consommation un montant de 70 euros par mille cigarettes.
Cette harmonisation est d’autant plus nécessaire avec l’arrivée prochaine des pays de l’Est où les prix sont nettement inférieurs. Elle devrait permettre également de faciliter la lutte contre la fraude.
Désaccord entre le Nord et le Sud
Cette proposition suscite une large débat au sein de l’UE. Tous les pays sont d’accord sur le fond du problème, à savoir les effets nocifs du tabac sur la santé. Mais les intérêts divergent.
Les pays du sud – Espagne, Portugal, Italie et Grèce – pratiquent les prix les plus bas. Et ils rechignent à envisager une hausse des tarifs.
Appelé à se prononcer, le Parlement européen a finalement approuvé mardi le projet de la Commission européenne. En abaissant, toutefois, la barre minimale à 60 euros par mille unités.
«Il est largement prouvé que l’augmentation des prix des produits du tabac entraîne une réduction de leur utilisation», écrit le député socialiste grec Giorgos Katiforis, dans son rapport.
Plusieurs députés soulignent que l’on assiste à une baisse de la consommation dans les pays qui ont augmenté les prix, à l’instar de la Suède et de la Grande-Bretagne. Pour preuve, au Royaume-Uni, une hausse des prix de 10% a entraîné une baisse de la consommation de 4%.
Barbara Speziali, Bruxelles
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