La coopération suisse sous la loupe des experts de l’OCDE
Des experts de l’OCDE séjournent actuellement à Berne au siège de la DDC. L’examen qu’ils font passer régulièrement aux pays membres de l’organisation permet de vérifier si leur pratique correspond toujours aux objectifs de la coopération internationale.
La dernière fois que la Direction du développement et de la coopération suisse s’est livrée à ce genre d’exercice, c’était en 1995. A l’époque, le bilan s’était révélé plutôt positif.
Les experts étrangers de l’OCDE avaient en effet noté le sérieux et la qualité des programmes de la DDC, la place primordiale qu’elle entend donner à la participation des populations locales directement concernées, et la contribution substantielle que la Suisse apporte au débat sur la coopération au développement dans les instances internationales.
Ils y avaient cependant ajouté un gros bémol. A savoir l’insuffisance des moyens financiers mis à disposition (0,34 pour cent seulement du produit national brut sont affectés à l’aide publique au développement alors que l’objectif est fixé à 0,4 pour cent).
Cinq ans plus tard, le diagnostic ne devrait pas être fondamentalement différent. La barre des 0,4 pour cent reste toujours aussi éloignée des ressources dont dispose la coopération suisse. Mais, à première vue, ses différentes activités de terrain paraissent, encore et toujours, répondre aux priorités définies par le CAD, le Comité d’aide au développement, qui a pour mission, à l’intérieur de l’OCDE, de superviser les actions menées par ses membres.
La lutte contre la pauvreté, l’implication active des partenaires, la durabilité des projets entrepris, la cohérence et la coordination des programmes sont autant de critères auxquels la DDC, du moins en théorie, accorde une très grande valeur dans tout ce qu’elle entreprend. Pour le vérifier, et avant de venir à Berne, les experts français et néerlandais mandatés par le CAD sont passés par deux pays où la DDC concentre un certain nombre de ses interventions.
En Tanzanie, la coopération suisse s’implique, entre autres, dans l’établissement d’un service minimal de santé et dans l’amélioration des infrastructures de transport dans les régions rurales. En Bolivie, elle apporte son appui à la réorganisation de l’administration publique centrale et à la mise en place des structures communales, elle est très présente aussi auprès des petits paysans pour promouvoir une agriculture à la fois écologique et plus proche des besoins du marché.
Dans ses projets, la DDC pratique souvent et spontanément un système d’évaluation externe. Dans le cas des politiques d’examen de l’OCDE, c’est l’ensemble de ses programmes qui est passé sous la loupe des experts étrangers. Le processus est long.
Plusieurs mois passeront avant qu’on en connaisse les résultats qui feront préalablement l’objet d’un chassé-croisé de questions-réponses. Les dirigeants de la DDC ne prennent pas ce regard extérieur comme une ingérence dans leurs affaires, mais comme une chance de dialogue constructif et enrichissant. On en reparlera au printemps prochain, lors de la publication du rapport final.
Bernard Weissbrodt
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