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La machine qui se répare toute seule

Les cellules de ce mur électronique réagissent au toucher et sont capables de remplacer elles-mêmes les éléments détruits. EPFL

A l'origine, c'était le projet de l'EPFL pour Expo.01. Refusé, «l'Objet vivant» a trouvé un lieu d'exposition sur les hauteurs du Jura vaudois.

«L’idée de ce tissu électronique nous est venue en observant ce que chacun peut voir dans la nature, explique le Professeur Daniel Mange. Si vous coupez la queue d’un lézard ou une partie d’un ver de terre, celles-ci repoussent au bout d’un certain temps».

Le directeur du Laboratoire de systèmes logiques de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) précise toutefois d’emblée que les cellules mises au point par son équipe n’imitent que très imparfaitement les cellules vivantes.

Si elles ont la faculté de se réparer, voire de se cloner lorsque l’une d’elles est complètement détruite, c’est qu’elles ont un stock de pièces de rechange à disposition. Et lorsque celui-ci est épuisé, la machine en peut plus rien faire.

Ainsi, comme dans le cas de l’intelligence artificielle, la science et la technique ne peuvent construire que des machines ayant certaines des caractéristiques du vivant. Mais la nature aura toujours une longueur d’avance.

Vastes perspectives

«L’Objet vivant» de l’EPFL n’en constitue pas moins une première mondiale. Et les perspectives d’applications, tant scientifiques qu’industrielles, sont immenses.

«Imaginez une sonde spatiale en route vers Jupiter, explique Daniel Mange. Sept ans de voyage sans aucune possibilité d’intervention humaine. On aura évidemment tout intérêt à ce qu’elle sache se réparer elle-même.»

Outre ces utilisations haut de gamme, l’invention de l’EPFL en aura certainement d’autres, plus terre-à-terre. On pense ici aux circuits électroniques actifs dans des domaines où la sécurité est primordiale, comme l’aviation ou le nucléaire.

Et plus près des préoccupations quotidiennes de chacun, le tissu électronique pourrait devenir un tableau noir sans craie ou – dans une version souple – servir de matière première pour des vêtements intelligents, capables d’adapter leur apparence à l’environnement.

Ludique et pédagogique

Au départ, l’EPFL avait proposé son invention à ce qui s’appelait encore Expo.01. «L’idée était de faire quelque chose de ludique et de pédagogique, pour expliquer une chose qui est intrinsèquement assez compliquée, se souvient Daniel Mange. Mais notre projet n’a pas été agréé».

Qu’à cela ne tienne, l’«Objet vivant» sera malgré tout visible – dès samedi et jusqu’à l’été – sur les hauteurs d’Yverdon. A Sainte-Croix, vient en effet de s’ouvrir un nouvel espace d’expositions et de rencontres culturelles et scientifiques, la Villa Reuge.

Cette belle demeure a été durant 45 ans celle de Jacqueline et Guido Reuge, industriel et collectionneur passionné de boîtes à musique et d’automates en tous genres. «L’Objet vivant» de l’EPFL est donc l’attraction centrale de cette première exposition, qui donne également à voir toute une série d’objets animés, des automates de jadis aux robots de demain.

Marc-André Miserez.
Exposition «l’Objet vivant», jusqu’au 23 juin 2002 à La Villa Reuge à Sainte-Croix (VD). Ouvert tous les jours, sauf les lundis, de 14 à 18 h.

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