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La précision suisse au cœur des satellites européens

Avec Galileo, l'Europe disposera de son propre réseau de satellites de surveillance et de guidage. ESA

Les horloges atomiques des satellites du programme européen Galileo - concurrent du GPS américain - pourraient être de fabrication suisse.

Jeudi se terminait à Edimbourg la réunion ministérielle des pays membres de l’Agence spatiale européenne (ESA). Au menu, le lancement du programme Galileo, un réseau de satellites qui donnera à l’Europe son propre système de surveillance et de localisation, plus performant que le Global Positioning System, le fameux GPS des Américains. Entrée en service prévue dès 2006.

Membre à part entière de l’ESA depuis sa fondation, la Suisse participera naturellement à cette aventure. Et même si rien n’est encore formellement décidé, son industrie pourrait bien se voir confier la réalisation d’une des pièces maîtresses du système.

«Nous avons de bonnes chances que les horloges atomiques embarquées, qui seront le cœur de ces satellites de navigation soient fabriquées en Suisse, confie le directeur du Bureau des affaires spatiales (SSO) Peter Creola. Chez qui? On ne le sait pas encore, «mais plus probablement dans l’arc jurassien qu’en Appenzell…».

Le match Europe-Etats-Unis

«Avec Galileo, l’Europe ne dépendra plus de la bonne volonté du gouvernement des Etats-Unis. Et n’oublions pas que le GPS est d’abord un programme militaire.

La participation de la Suisse est aussi motivée par cette considération d’ordre politique et stratégique, poursuit Peter Creola. De plus, ce système – plus performant et plus fiable – restera parfaitement compatible avec le GPS. Les utilisateurs ont donc tout à y gagner».

Autre gros dossier au menu de la réunion d’Edimbourg: la Station spatiale internationale (ISS). L’ESA a décidé de bloquer 300 millions d’euros sur le milliard prévu comme contribution au programme, afin de forcer les Américains – qui ne cessent de réduire les crédits prévus initialement – à tenir leurs propres engagements.

Avec la prochaine arrivée à la tête de la NASA de Sean O’Keefe, actuel directeur adjoint au budget US, les négociations risquent d’être serrées. Le futur directeur de l’Agence spatiale américaine passe en effet pour un gestionnaire pur et dur et il sera chargé de serrer les cordons de la bourse.

On estime en effet aujourd’hui que l’ISS, devisée au départ à 17,4 milliards de dollars, risque d’en coûter plus de 30 au final. Et son achèvement pointe désormais à l’horizon 2006, alors qu’elle aurait dû normalement être terminée l’année prochaine.

La Suisse n’est pas à la traîne

Dans ce contexte, l’Europe spatiale a assurément de nombreux atouts à jouer. L’ESA, qui tourne sur un budget quatre fois inférieur à celui de la NASA avec dix fois moins de collaborateurs, est souvent jugée proportionnellement plus performante que sa grande rivale américaine.

Et la Suisse entend bien renforcer son intégration dans cette équipe qui gagne. «Pour la première fois depuis de nombreuses années, nous avons pu annoncer à Edimbourg une croissance réelle, hors inflation, de notre contribution à l’Agence européenne», se réjouit Peter Créola. Une contribution qui passera de 126 millions en 2002 à presque 150 en 2006.

Marc-André Miserez

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