La Suisse n’a pas vraiment la cote auprès des Européens
Selon une étude menée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNRS), les Européens connaissent mal la Suisse. Ils s’y intéressent peu, voire pas du tout. Pire, ils ne notent pas toujours très bien ses banques et son système politique.
Les clichés bien helvétiques (les montagnes, le chocolat et la sécurité) ont toujours le vent en poupe. En revanche, les secteurs plus sensibles tels que les banques ou encore les institutions politiques ne sont plus à l’abri des critiques.
Ces conclusions, présentées vendredi à Berne, émanent d’une étude menée par le FNRS. Son objectif était notamment de définir quelle était l’image de la Suisse à l’étranger. Une question à laquelle les Suisses sont particulièrement sensibles. Surtout depuis l’affaire des fonds en déshérence.
L’enquête du FNRS repose, entre autres, sur un sondage effectué, en 1997, auprès de 16.000 citoyens de l’Union européenne ainsi que sur des entretiens avec des Européens, représentants du monde de la politique et de l’économie.
Premier constat: seul un citoyen de l’Union européenne sur six affirme bien connaître la Confédération helvétique et y avoir séjourné. Autrement dit, pour la majorité des Européens, la Suisse reste le pays de Heidi.
Dans le détail, l’enquête nous apprend que la Suisse est très bien perçue en Allemagne, en Autriche, en Finlande et en Belgique. En revanche, elle souffre clairement d’une mauvaise image aux Pays-Bas, au Danemark, en France et en Italie.
Et ce sont les banques qui sont principalement à l’origine de cette perception négative. En effet, 60 pour cent des sondés critiquent le rôle de ces dernières dans le commerce international.
Parmi les principaux reproches faits à la Suisse, on trouve également son manque d’engagement au plan international. Plus de 40 pour cent des Européens accusent la Suisse d’avoir géré de manière lacunaire la question des fonds en déshérence et d’être hostile aux étrangers.
Plus étonnant: une majorité de représentants des milieux économiques et politiques européens ne comprennent pas, sinon n’apprécient pas, le système de démocratie directe helvétique.
Enfin, 30 pour cent des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête du FNRS considèrent que la Suisse est un pays conservateur et qu’il doit entreprendre des réformes. Mais un pourcentage comparable réfute cette même idée.
A noter que 60 pour cent des sondés saluent la cohabitation pacifique de plusieurs cultures en Suisse. Mais ces éloges émanent surtout des représentants de l’industrie. Qui affirment notamment apprécier la grande qualité de la place économique suisse.
Vanda Janka
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