Le Congrès juif mondial veut récompenser Christoph Meili
Le Congrès juif mondial veut que l´ancien gardien de nuit de l´UBS reçoive une récompense à prélever sur les fonds versés par les banques suisses dans le cadre de l´accord global sur les avoirs en déshérence. L´avocat américain Edward Fagan s´y oppose.
Le Suisse Christoph Meili avait récupéré, il y a trois ans, des documents relatifs aux avoirs en déshérence que l’UBS destinait au pilon. Un geste «héroïque» salué par le Congres juif mondial (CJM). «Son acte courageux a attiré l’attention du monde sur la recherche de la vérité», explique Elan Steinberg, président de l’organisation.
Edward Fagan estime lui aussi que Christoph Meili mérite d’être salué. Mais l’avocat américain précise: «toute la question est de savoir comment il doit être salué». M. Fagan juge la proposition du CJM «inconvenante, parce qu’elle intervient à un moment où la distribution des fonds versés par les banques suisses reste en suspens». Et l’avocat de suggérer à Elan Steinberg de «puiser dans sa propre poche pour faire un geste en direction de M. Meili».
Edward Fagan affirme représenter M. Meili «dans certains domaines». Mais pressé de réagir aux récentes déclarations du Suisse qui s’estimait abandonné par M. Fagan, l’avocat a préféré raccrocher au nez de swissinfo.
Pour sa part, Elan Steinberg souligne que son organisation a attendu la publication du plan de distribution du montant de l’accord avec les banques suisses pour exprimer son soutien à l’idée d’une récompense financière pour l’ancien gardien de nuit. Par ailleurs, le président du CJM déclare qu’il y a «beaucoup de choses inconvenantes a propos de M. Fagan» et conteste l’allégation selon laquelle l’avocat représente Christoph Meili.
Interrogé sur le point de savoir si le soutien du CJM à un individu qui demeure controversé en Suisse ne risque pas d’aller à l’encontre du désir de réconciliation affiché désormais par l’organisation, M. Steinberg affirme qu’au contraire, Christoph Meili est un «symbole de réconciliation».
«L’UBS a elle-même reconnu que Christoph Meili avait été injustement traité, et de notre côté, nous pensons que M. Meili incarne le meilleur de la Suisse», déclare ainsi M. Steinberg, avant d’ajouter: «son acte a eu un effet cathartique et il a fait plus pour la Suisse que ceux qui, malheureusement, n’ont pas été aussi courageux que lui».
Du côté de l’UBS, on se refuse à tout commentaire. Selon son porte-parole, cette affaire ne concerne simplement pas le groupe.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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